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26/06/2005
Ron Sexmith. Retriever
Dans un monde idéal Ron Sexmith serait l'égal d'un Paul Mc Cartney ( qui l'admire ).
Mais le monde est injuste, puisque Nicolas Sarkozy est plus connu que Ron Sexmith.
Plus Beatlesien que jamais, notre homme Ron revisite l'orthodoxie pop sixties avec une classe folle,sur des chansons qui devraient toutes être des standards.
On retient d'emblée les minitubes en puissance que sont Not About to Lose,dont, tel le fameux sparadrap du Capitaine Haddock, il est impossible de se défaire, toutes cordes et carillons dehors, ou les très formatés From Now on et Wishing Well.
Plus tard, à la faveur d'une nuit caniculaire, on tombera sous le charme amer et indéfectible des ballades piano ou guitare/ voix de velours froissé tel une écharpe de soie, comme Tomorrow in Her Eyes.
Enfin, Ron petit coquin joufflu n'a pas oublié les timides amateurs de frotti-frotta et il s'offre avec le prodigieux Whatever It Takes son véritable premier morceau Philly Sound, dont Curtis Mayfield n'aurait pas refusé les sensuelles avances.
Ce disque somptueux, qui se termine par un plus qu'émouvant I Know It Well, est dédié à la mèmoire de Johnny Cash et Elliott Smith.
Ils peuvent se reposer tranquille. Dèsormais Ron assure la relève.
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24/06/2005
Air: Talkie Walkie
Ok je vous l'accorde , ces deux versaillais ont des têtes à claques. Mais leur album est somptueux, nimbée d'une poussière atmosphérique.
Repliés à l'intérieur d'un studio aussi foetal que fatal , ces deux faux jumeaux nous ont concocté un "Light side of the moon " à se damner, dont je vous donne la recette.
Une flûte magique sur Cherry Blossom Girl, qu'on croirait échappé de Melody Nelson, des cordes spatiales et intersidérantes de Michel Colombier qui, sur ce coup là , ne nous à pas pigeonné, et des choeurs irréels façon"I'm not in love" dont Nigel Godrich leur a livré le secret.
Chansons fragiles et ludiques, protégées par des arpèges de guitare et de banjo qui les encerclent gentiment, brèves séquences répétitives, hypnotiques, examinéesà la loop,nous brouillent l'écoute ( attention contrepèterie)
et la perception, et nous emmènent hébètés jusqu'à Kioto.
Içi tout n'est que calme et volupté....
07:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22/06/2005
Florent Marchet . Gargilesse
Autant dire qu'avec sa pochette minimaliste façon Ikéa Florent Marchet rebute un peu. Rèche et bougon son album se dérobe d'abord, faisant fi (el ) des joliesses et de l'élégance.
Car cet enfant sauvage, rejeton du néolibéralisme a l'alarme à l'oeil et son désenchantement fait mouche.
On jurerait un Souchon sans apprêt .
Gargilesse son premier album marque l'adieu à l'enfance, la mue douloureuse jusqu'à cette saloperie d'age adulte, quand les cauchemars qu'on faisait gosse deviennent la saumure du quotidien.
En démontant avec ironie les conventions bourgeoises, Florent revendique fièrement le droit de se reconnaitre médiocre, reflet de son époque, individu aux rêves marketing, aux fantasmes interchangeables.
"Tous pareils" est un petit bijou d'ironie mordante, le "Foule Sentimentale " d'une génèration patraque qui se rèveille avec la gueule de bois, effrayée par notre legs dégeulasse et nos manquements journaliers.
Florent , bienvenue dans la cour des grands désabusés, viens donc à ton tour grossir le troupeau de tout ceux qui
juraient " haut et fort " de ne jamais rejoindre le troupeau.
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17/06/2005
Blog Party
Qui sont les blogueurs?
Des gens entre 16 et 40 ans; mais la majorité a entre 20 et 30 ans. Ce sont des personnes majoritairement actives,même s'il y en a quelques -unes au chômage. Ils ont au moins le bac. Il y a deux tiers d'homme et un tiers de femme.
Quelles sont les motivations a l'origine du blog ?
Au départ, il n'y a pas forcèment d'intentionnalité.
Quelles ont les différentes catégories de blogs?
C'est un peu thématique,ce ne sont pas vraiment des catégories: il y a des blogs qui ont un contenu que je qualifie d'extime, où l'intimité de la personne est divulguée.
Il y a aussi des contenus plus "journalistiques", des gens qui ont un regard sur l'actualité, qui en font un remix, et qui donnent leur opinion dessus.
Il y a aussi des blogs à vocation de promotion personnelle: des écrivains, des dessinateurs, qui mettent leurs rècits,ou leurs dessins en ligne pour trouver des éditeurs..
Il y a surtout un mélange de ces différents types.
20:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15/06/2005
J P Nataf . Plus de Sucre
Aux innocents les mains pleines.
Disque magnifique , trop vite passé aux oubliettes " Tout se consume, tout se consomme" murmure quelque part Nataf.
Furtif et discret il compose désormais ces chansons de franc tireur comme des pont suspendus entre l'inconfort du compromis tubesque et la liberté sans borne de n'être plus dupe de rien.
Son premier album solo n'est pas loin du chef -d'oeuvre solennel qui tutoie les étoiles.
C'est aussi un secret bien gardé, plein d'une douce amertume, de faux airs légers , mais s'il n'y a plus de sucre, il n'y a pas de fiel pour autant.
Grisez vous en jusqu'au diabète .
07:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13/06/2005
Florence
Son sourire éclipse tout le reste.
07:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/06/2005
Le retour d'Alfredo
J'en parlais le mois dernier. J'en avais rêvé, MGM l'a fait .
Apportez moi la tête d'Alfrédo Garcia débarque enfin en Chiraquie en Dvd pour le prix d'un restau chinois.
Tous les superlatifs pour qualifier cet objet filmique non identifié ne sauraient rendre justice a cette hallucination filmée, lynchienne en diable.
Putride et suintant le désespoir par tout les pores, Warren Oates est inoubliable dans le role de sa vie, celui d'un bubon ambulant, véritable zombie errant, ivre de vengeance et de chagrin.
Le film fut un échec cinglant, tant son côté inclassable et son nihilisme d'une noirceur abyssale déconcertèrent les spectateurs autant que les critiques
Véritable cauchemar éveillé, ode crépusculaire à la solitude, d'un cynisme hautement jubilatoire et rarement égalé,ce chef d'oeuvre impossible à tourner aujourd'hui mèrite une réhabilitation tardive mais véhémente.
C'est dèsormais chose faite.
19:12 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05/06/2005
De la tombe à la matrice. Last Days Gus Van Sant
Film amniotique, foetal, lové sur lui même, dans une catatonie ouatée et opiacée, à l'image de Blake, Kurt Cobain revisité de fond en comble (sic) et double du William Blake de Jim Jarmusch.
Cet opus douloureux, rétif à toute tentative de rationalisation, convoque sur l'écran tout un convoi de spectres et non des moindres. De Blake à Drake ( Nick ?) , sans oublier notre "Dream Brother" Jeff Buckley, jusqu'au propre fantôme de notre adolescence, lorsque rendu presque fou par la douleur de l'abandon, on cherchait dans la forêt des origines la rédemption salvatrice d'un lit de feuillage consolateur.
Regard singulier, d'une étrange douceur, posé avec bienveillance sur un monde clos, diffracté et fuyant, tel est celui de Gus Van Sant, orfèvre en douleurs.
Car Blake n'est plus que béance.
De cet énigme en transit, bouche d'ombre ou pélerin nimbé de mystère ne sortira aucun cri. Il est déjà trop tard.
Comme en apesanteur constante, errant sans fin dans cette zone intermédiaire terrifiante de la perdition librement consentie, Blake vient de fermer lentement derrière lui toutes les portes , de rompre toutes les digues.
Tous le regardent désormais sans le voir , sans doute Blake était il déjà mort avant que d'être né.
Plus de mots pour exprimer l'inconsolable. A peine des bredouillis, un étrange sabir, la langue des anges, glossolalie schizoide
Blake gémit l'indicible.
Et son effroi nous bouleverse, car il réveille alors en nous TOUS LES ENFANTS ABANDONNES.
Blake, mon frère, vacillant dans un purgatoire de tristesse, titubante ombre vaporeuse et sublime, finit par devenir si transparent qu'il n'est plus un moment qu'une toile blanche sur laquelle se projettent d'atroces solitudes, puis un élèment gazeux, et enfin une vapeur qui s'évanouit , pour disparaitre à jamais.
19:49 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03/06/2005
Moon in June. En Juin j'écoute, je lis , je regarde
Yo La Tengo :President Yo La Tengo/New Wave Hot Dogs
Dayna Kurtz : Beautiful Yesterday
B O du film : The Hot Spot ( John Lee Hooker, Miles Davis, Taj Mahal )
Antony And The Johnsons : Twilight
Antony And The Johnsons : I am a Bird Now
Je Lis :
David Peace: 1983
Steve Hodel : L'affaire du Dahlia Noir
Je regarde :
The Shield ( saison 1 )
07:14 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



