31/08/2005

Deux petits poèmes , vite fait , pour vous dire que

Angel from head, Angel from heart                    

So we were doomed from the start

Miscat.

 

Tout est compromis et tout est simulacre

On se suicide avec des armes en bois, des sabres de théâtre

Comme des enfants, ces bons élèves

Qui se tuent..... et puis se relèvent

Puis la tête dans les épaules

Regagnent sagement l'école.

 

Dix chansons qui me font pleurer ce soir

Lover You Should Have Come Over : Jeff Buckley

Pale Blue Eyes : The Velvet Underground .

If You See Her Say Hello: Bob Dylan

The Way Young Lovers Do : Van Morrison

Parasite : Nick Drake

Les Regrets : Alain Souchon

Le Temps des Cerises : Yves Montand

Faites Monter : Alain Bashung

Roses in Your Room : Kevin Coyne

Marie Tu M'as : Arno

30/08/2005

La Nouvelle. Truck Store Drivin Man. ( Bande Son The Gun Club )

Le visage apparaît d'abord, cheveux ras, presque tondus, la nuque dégagée. Un cou de taureau, engocé dans une chemise fermée jusqu'au dernier bouton, jusqu'à l'asphixie. Les sourcils broussailleux, épais, la lèvre supérieure légèrement difforme, retroussée en une lippe qui lui donne l'air de vouloir cracher sur l'objectif. Sur son pull-over beige, bon marché, deux marmottes en tricot se dressent fièrement sur leurs pattes arrières.

Les jambes courtes et trapues se déplient, la voix annonce, atone " J'ai vingt ans, je suis étudiant, j'ai été convoqué".

Il parle sans qu'on lui demande. De ses notes en maths, des fleurs qu'il entretient minutieusement. Puis sans jamais changer de ton, celui de la convenance et de l'affabalité, il raconte la maison.Chez lui, les enfants ne disent jamais papa, on se jette à la figure du "Vieux" ou du " L'père".Et le vieux , qui ne voulait pas de garçon, cogne volontiers, avec des bûches ou sa grosse ceinture cloutée.

Ils passent l'essentiel de leur temps sur la route, dans le camion de transporteur. Le gamin rêve de prendre le volant.En attendant il dessinne des semi-remorques, assemble des maquettes, s'abonne aux revues spécialisées, s'accroche pour obtenir le bac-mécanicien. Il s'accroche et le père glisse.

De plus en plus souvent saoul, il accumule les fautes de conduite, jusqu'au retrait de permis, puis au licenciement.

Les soirs de furie, les maquettes volent en éclats,les dessins sont éparpillés, ça crie et ça braille comme un retour de ongé sur l'autoroute. et interdiction formelle d'étudier, le vieux est jaloux.

pendant ce temps,,la mère frotte scrupuleusementle parquet, l'air absente, échafaudant des départs et des chambres d'hôtel avec vue sur la mer. Le gamin finit par grandir, un jour , excédé, il colle une claque au vieux quin tombe à terre, échoué sur le sol fraichement lavé, comme un gros insecte maladroit en ceintures et bretelles, qui bourdonne dans le vide et réclame bêtement à boire.

le gosse lui crache qu'un jour il le crèvera...On dirait deux gros veaux malhabiles, empêtrés dans le même enclos, qui se reniflent l'encolure avant l'affrontement. "Ils y passeront tous" remâche le fils.

Et la vieille conne qui vend des journaux et qui l'a engeulé devant ses copains, il lui piquera sa caisse. ca lui servira de leçon....

Un jour d'été ou le soleil cogne un peu trop fort, il prend son vélo pour aller guetter devant le magasin le départ des derniers clients. Au milieu des présentoirs poussièreux, il ceinture la vieille dame de soixante-treize ans et la traîne dans l'arrière boutique.

Et là, soudain, il lui arrache ses vêtements, envahi par un flot d'images qui lui passent dans la tête sans qu'il sache comment les arréter; les plumes soyeuses d'un moineau capturé avec son père, puis apprivoisé, le coeur effrayé palpitant sous ses doigts, ses pieds nus qui s'enfoncent dans le sable mouillé au bord de la mer, les fillesnues des magazines avec des agrafes plantées au milieu des seins, tout l'bazar quoi!

Il dit qu'il voulait la voir nue, qu'il a déchiré son slip et ses collants, qu'elle était plutôt bien conservée pour son âge.

Que comme il voulait la toucher, il l'a allongée sur le ventre , lui a caressé les fesses et mis un doigt dans l'anus, qu'il avait juste envie de savoir si c'était profond...

Au moment où il a voulu s'enfuir avec les soixante quinze euros de la caisse, la vieille a bougé les jambes, almors de peur qu'elle ne donne l'alarme, il lui a serré le cou, revoyant ce jour ou son père avait tenté de l'étrangler pour lui montrer qui était le plus fort .Là, c'était comme la même scène, mais inversée. Puis il s'est masturbé.....

Ca l'a soulagé, ca lui a rappelé la colle des maquettes qui poisse les doigts et sent le poisson.

Et , disant cela, les lèvres se retroussent en un demi-sourire, les sourcils sont froncés par l'effort, comme sous l'effet d'une constipation soudaine.

A la suspension d'audience, les gendarmes qui l'accompagnent, se poussant du coude et rigolant, chuchotent qu'à la prison, il pourra toujours essayer de sauter le mur....

Le môme s'en fout....

Un jour, il les crèvera tous.

29/08/2005

Peindre ou faire l'amour: les deux mon génèral

Curieux film, dont on n'espérait , au départ rien de particulier, et qui , au final , donne tout.

 On s'attendait à un pastel sociologique, un à plat psychologique patiné d'ironie détachée, inscrit dans la tradition francaise , qui donne au mieux un savoureux Chabrol, au pire un Lelouch sans saveur, et l'on se retrouve le bec cloué, devant une eau forte.

William et Madeleine, confits dans une existence bourgeoise , tels des fruits dans leur sucre, veillissent avec tendresse et complicité, avec au coeur cependant, comme un léger voile, ce presque rien, sentiment de vacuité, d'affadissement progressif , de lassitude ouatée, atténué par la quiétude et le confort d'une existence au delà du moindre souci matériel.

Au départ , légérèment agacé par cet axiome qui voudrait que la transgression ne soit que l'apanage d'une élite sociale, sous peine de verser dans le trivial , on accorde quand même une chance aux frères Larrieu.

Surgissent alors, comme du chapeau claque ( sur les fesses nues ) d'un magicien, un maire aveugle, Adam,assorti d'une séduisante épouse, Eva ( Lacan sourit dans sa tombe ) véritable catalyseurs d'un désir de transgression enfouie sous les convenances, car chez William ( un peu bonne poire ) comme chez Madeleine ( fondante) le désir couve encore sous la b (r) aise.

Première surprise, et de taille, Sabine Azéma, qu'on croyait jusqu'ici et à tort , réservée a la cérébralité la plus froide, s'y avère d'une sensualité mutine et enjouée tout à fait réjouissante.

Sergi Lopez,madré comme un matou couillu, intrigue à chaque instant, en aveugle clairvoyant qui finirait par nous faire prendre des lanternes ( les passages de l'ombre à la lumière, de l'extinction à l'allumage sont au coeur de ce film pyromane) pour des vessies , oh combien érectiles.

Amira Cazal est belle à damner une paire de saint, c'est une datura brune, vénèneuse et langoureuse.

Quant à Philippe Katherine ( qui signe une partie de la b.o  ) , invité surprise , d'une loufoquerie irrésistible , on lui souhaite une longue carrière d'acteur.

Bref ; qu'on ne s'y trompe pas , comme j'ai bien failli le faire: sous le vernis des apparences naturalistes se cache un vèritable brulôt digne du meilleur Bunuel, à l'absence de morale jubilatoire en ces temps d'oeucumènisme et de culs bénits.

On l'aura compris, d'attouchements en frissons , de feulements en râles,et du diurne au nocturne, l'essentiel c'est de désirer encore et toujours , de rêver des iles paradisiaques chantées par Brel et peintes par Gauguin ce que nous rappelle cette utopie poétique aussi malicieuse qu'audacieuse.

28/08/2005

L'Interview : Dream brother

Sur le fax envoyé par la maison de disque, il est dit d'appeler à une heure précise.

A l'heure dite, on compose en tremblant le numéro, à l'autre bout, une réceptionniste à la politesse terriblement professionnelle et efficace, s'enquiert de nos désirs.

On dit que l'on appelle de France ( elle s'en fout) , qu'on voudrait parler à Jeff Buckley ( qui ça ?) on imagine un hôtel standard aux néons fripés ' downtown Dallas" une chambre au confort aseptisé, où la bible dans le tiroir de la table de nuit , voisine , sans rire, avec la liste des pornos accessibles sur le canal privé, une silhouette dégingandée et ébouriffée, noyée ( sic !) dans un T-shirt avachi, le reste d'un continental breakfast figé dans une assiette siglée, un livre de poche (poésie ou polar ) renversé par terre, des notes éparses, la guitare qui veille , on imagine, et on a tort, bien sur, quand une voix étonnament claire, vibrante et légèrement voilée de fatigue, surgit du combiné. " Hi, it's Jeff, I'm here "....

Passé les premières secondes de surprise et de stupéfaction ( pouvoir communiquer directement avec quelqu'un dont la musique vous accompagne désormais comme une respiration bienveillante et amie, on croise les doigts,, on s'interdit par avance deux questions: ne pas parler du père ( je ne suis pas psy), ne se faire le prosélyte d'aucunes drogues ( les drogues tuent ) , on retient son coeur fourbu qui pourrait bien sauter hors de sa cage, on se jette vite fait dans l'eau glacée des fils électriques et des transmissions internationales et c'est parti....

L'interview se déroulera avec simplicité et honnêteté mais je resterai marqué par cette profession de foi, énoncée comme une évidence: " C'est la musique qui fait sortir quelque chose d'extraordinaire d'individus apparamment semblables, qui tout à coup les rend fous ou extrêmement heureux, qui donne du rêve là où le rêve n'existe pas, qui rend l'indicible exprimable tout autour de soi".

Au bout d'un moment, on raccroche, ému, sonné.

On pense malgé soi, à toute cette fragilité en mouvement, à son immense et sincère générosité.

0n imagine un jeune type simple et bon, qui à connu la souffrance, soucieux de son art, avec dans son ombre l'énorme pouvoir des transmissions, des tours managers et des compagnies internationales, alors on espère très fort qu'un peu de notre sourire soit passé dans les fils, qu'il restera un moment perché sur son épaule comme un animal familier.

On imagine, et bien sur, on a tort.

27/08/2005

Vite çà Presse :Mojo spècial Dylan

Au sommaire de ce somptueux numèro 142 un spècial Dylan ou vous saurez tout où presque sur His Bobness .

Au programme:

Une alléchante preview de "No Direction Home" le prochain projet de Scorcese avec en teaser une photo du fameux concert de 66 au Manchester's Free Trade Hall ou un Dylan plus speed freak écorché que jamais s'apprête a enflammer la scène  en marmonnant au Band " Play Fuckin' Loud"

Une analyse èrudite ( un peu enculeuse de mouches aussi à vrai dire ) de Like A Rolling Stone par Greil Marcus .

Les 100 meilleurs chansons selon Brian Wilson, Bono, les Pixies, Patti Smith , j'en passe et des moins bons ..

Et cerise sur le gâteau , un cd de Dylan Covers , de Nancy Sinatra à Chris Whitley ( qui reprend Spanish Harlem Incident de manière incroyablement sensuelle ) sans oublier John Martyn.

Mojo The Music Magazine num 142 en vente dans les librairies internationales  et chez Gibert

26/08/2005

La Bande du Drugstore. Interdit aux moins de 18 ans.

Sorti en 2001 et passé inaperçu , cette surprise (party) filmée narre l'éducation sentimentale et sexuelle de quatre têtes à claques , mi vitellonni , mi mistons , des beaux quartiers parisiens, dans les années 66-67 ( j'écoutais Salut Les Copains en rentrant du lycée ), sur fond de mode "minet" emblématisée et adoubée par " la bande du drugstore" ( dont faisaient partie Dutronc et Christophe), sorte d'équivalent frenchy but vèry chic du prolètaire mouvement mod british.

Au programme de ce cours d'histoire : rhythm and blues ( qui se souvient des disques Vogue avec une face lente et une face rapide ?) dandysme et spleen lycéen, pulls shetland, ray ban et moc' Weston....

En faisant de l'introverti Philippe Challe, jeune Rastignac faussement frimeur et vraiment timide, l'épicentre de ce film d'apprentissage Francois Armanet le réalisateur fait bien mieux qu'une friandise rétro du style " A nous les petites Anglaises " de sinistre mèmoire: un divertissement mais fourré d'un supplément d'âme et d'un brin de profondeur.

Oscillant avec élègance entre futilité des apparences et tourments intérieurs,ménageant plages ( alcalines ) de silences et bouffées d'introspection, la mise en scène épouse subtilement son sujet, entre superficialité et profondeur.

A noter une savoureuse apparition de Bashung. Le film passe Mardi 30 Aout a 22h25 sur France 2 , mais je recommande la version DVD avec en bonus les interviews d'un trio de choc sur cette période . Alain Bashung, Bruno Bayon , et last but not least Christophe.

25/08/2005

Positively 4th Street . Quand Dylan se met en colère..

Sorti en 45 tours à la suite de Like A Rolling Stone, c'est un des titres de Dylan que je préfère, car il  donne l'impression tant dans la musique que dans l'esprit d'être proche de son prédécesseur. L'orgue d'Al Kooper qui squattait les sessions est juste un peu plus pop et l'écriture plus subtile, manière inconsciente de contrebalancer le plus brutal et le plus caustique de ses réquisitoires.

Il faut dire qu'à l'époque le vieux Zim avait érigé l'amertume en art. Flanqué d'une bande de second couteaux qui comprenait Bob Neurwith , David Blue et Phil Ochs ( avec qui il se fachera à mort lorque celui ci commit l'erreur impardonnable de se montrer réservé  sur Can You Please Crawl Out....... ) il tenait salon (ou saloon) dans les bars et les nights -clubs de New York- où ceux qui étaient assez courageux ou inconscients pour s'approcher se faisaient aussitôt attaquer par un feu nourri de traits acerbes.

" Dylan était très hostile, un type mèchant, cruel, à l'humour dévastateur . Mais je comprenais ses raisons explique David Blue. D'abord , c'était tout à fait défensif. Juste parce qu'il devait répondre à trop de questions. Le grand problème, c'est que sa vie privée avait été envahie..... C'était un chat de gouttière, et on l'avait privé de sa liberté"

L'artillerie verbale n'était pas uniquement pointé sur les courtisans ou les étrangers. A la suite de son succès, le folk était devenu une arène de compétition, et Dylan s'était bien vite aperçu que ses compagnons d'un soir ramassaient ses miettes, en essayant de glaner la formule magique qui pourrait leur permettre de trouver sans trop d'effort le même succès.

Assez cruelllement, mais avec un humour féroce, il leur mit leur nez dans leur opportunisme, en leur disant qu'ils ne monteraient jamais aussi que lui ( n'est pas Rimbaud qui veux ....) , et en suggèrant à Phil Ochs de se chercher un autre boulot.

Avec Dylan, il fallait toujours être sur ses gardes.Pour quelqu'un de naif, autant plonger tête baissé dans un broyeur, il se serait moins fait déchiqueter...

ps) voir la traduction des paroles quelque part sur mon blog....

23/08/2005

Jouons un peu . Quizz Bashung

1) Un chanteur francais à fait une reprise de Bashung. De qui s'agit -il et de quel titre ?

2) Lors d'un mémorable concert filmé avec The Pogues, Alain qui enregistrait "Passé le Rio Grande" s'est joint ( c'était le cas de le dire ) à eux pour interprèter une version éthylique de ?

3) Lors du concert "Touche pas à mon  pote " une reprise de Donovan. Laquelle ?

4) Citez deux duos improvisés d'Alain et deux reprises.

5) Question subsidiaire . Ou a démarré la tournée les grands espaces ?

Reponses demain.

22/08/2005

Rufus Wainwright. Want Two . " Voulez vous "

C'est vrai qu'il agace Rufus . Surement parce que l'immodestie est son principal carburant. Et alors ? On n'est jamais si bien servi que par soi-même. Par ses propos outranciers il semble se destiner aux plus hautes oeuvres,sa volonté d'accèder marche après marche au panthéon des songwriters étant surement lié a la nécessité plus ou moins consciente de tuer père, mère et soeurs, cet encombrant héritage propre à lui filer des complexes..

Chez d'autres, cette fatuité provoquante ne trouverait qu'un remède, une bonne paire de claques sur sa peau d'albâtre, mais sa propension au génie est telle qu'on lui pardonne vite ses péchés d'orgueuil, sa préciosité chochotte et ses obsessions d'opéras.

Dans son prénom j'entends surtout refus et celà me sied. Que dire d'autre ?

Que le fantôme de Jeff Buckley ( son frère ennemi) rôde et maraude sur Memphis Syline qui lui est dédié , et que la voix d'alien carnivore d'Antony finit de donner a Want Two, sur son ultime morceau Old Whore's Diet, une raison de lui ouvrir notre coeur.

Mais c'est bon pour une fois ......

Rufus Wainwright. Want Two ( Geffen)

Toutes les notes