23/09/2005
Hubert Mounier : il voyage en solidaire .
Si l'on reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va, celui de "Voyager Leger" m'évoque la chute d'un corps qui tente de garder son équilibre. Pochette sobre (sic) où notre homme Hubert, un demi-sourire aux lèvres se pare d'une plume. ( Je pense alors au Monsieur Plume d'Henri Michaux/ mi froid. )
Dès " l'Amour est dans l'air " tout en faux plat et départ arrété notre félin crooner annonce des envies de rédemption, comme un désir d'y voir plus clair , après si souvent avoir vu double. Nulle trace içi de résignation,mais une sagesse enjouée, qui le fait un peu pencher du côté de "la tour de Pise" du mésestimé Jean François Cohen .
Place ensuite au " Sourire en moins " petit bijou de lassitude compassée serti dans un écrin de mélancolie élégante, qu'un subtil arrangement piano/ cordes hisse sans effort au rang de fragile porcelaine pop.
"La vie fait ce qu'elle veut" déboule comme une profession de foi ( après la crise de foie) tout cuivres dehors, taillé sur mesure comme un singulier single.
Mais à peine à t'on fini d'esquisser un léger pas de danse qu'il faut sortir les mouchoirs pour " Ne m'oublies pas" a la retenue feutrée et aux sanglots contenus ( le contenant vaut le contenu) , acmé de cet album en demie teinte tout en sas ( et cependant sensass ) et en cyclothymie , où l'on évoque dèsormais plus souvent l'absente que l'absinthe.
La peine restera en suspension dans le jardin ou s'allongeaient les amants. Hubert fait le clown pour donner le change sur " Aux pays des artistes " que je trouve un peu faiblard, plus anecdotique , comme une manière d'interlude, avant "Le Magicien d'Oz " ( dose ?) , où Coralie Clèment à peine affranchie , le prend au pied de la lettre et vient prêter son joli timbre ( c'est mon côté humour Libé , sorry ) pour mieux enrouler ses trilles comme une écharpe de soie autour du cou de notre convalescent au coeur cuivré comme un vieux trombone.
"Voyager Leger " qui donne son titre à l'album en livre aussi la clef ( de sol) ne rien regretter, ne rien oublier , réminiscent du "Never complain , never explain" . Flottant dans un brouillard plus idyllique qu'éthylique ,sa silhouette un peu floue , évanescent paradigme ( c'est mon clin d'oeil à Madame Depp ) Nelson le glas des désillusions pour mieux repartir vers " Une Ville " ultime transition avant la magnifique cloture de " L'amour revient toujours" , jolie bluette désuette aux accents de boîte à musique et de connivence amusée.....
Que dire en somme , qu'Hubert Mounier un peu dégrisé, un peu pâlichon a bénéficié des rayons ultrabiolay de Benjamin et que s'il vacille et hésite encore un peu sur la marche à suivre c'est désormais sous l'effet d'un parfum enivrant de liberté retrouvée, d'un très mince délirium.
Qu'importe l'ivresse, pourvu qu'on ait le flacon ....
Pour Jean Francois .
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