31/10/2005

Jim Nisbet is a Sick Fuck

Ainsi aurait pu commencer cette note . Mais comme je suis un garçon poli disons simplement que Jim Nisbet est un des écrivains les plus authentiquement tordus qu'il m'ait été donné de lire ( et croyez moi , j'affectionne le genre !)

L'originalité est sans conteste le maître mot de son oeuvre. Ainsi "Les Damnés ne meurent jamais " commence par cette phrase aussi alléchante qu'atroce d'un écrivain en manque d'inspiration: " J'ai toujours rêvé d'écorcher vif une femme " 

"Le Chien d'Ulysse" relate entre autres,  une passion homosexuelle et compte au nombre de ses personnages une prostituée qui parle le grec ancien et cite Diogène dans le texte. 

"Le Démon dans ma tête" met le lecteur interloqué en présence d'un représentant -tueur-exécuteur ( rien avoir avec le pitoyable Léon du beauf Besson) habité par un démon féru d'informatique qui le guide dans sa recherche d'un supermarché de gros spécialisé dans les variétés les plus introuvables de beuze, installé dans les grands espaces déserts de l'Etat de Washington.

Dans " Sous le signe du rasoir ", le personnage central est un concepteur-fabriquant-livreur de chevalets de torture destinés à une clientèle hétéro-homo-sado richissime.

"Prélude à un cri "présente un suicidaire alcoolique, lâche et méprisable, confronté à une bande de voleurs d'organes, acoquinée à un couple infernal au sens le plus littéral du terme: un chirurgien fou et sa maitresse infirmière tout chauds sortis d'un cauchemar sadien.

Rigueur et jubilation, ironie et désespoir serein, refus obstiné de cèder à la facilité parfois propre au genre, sont au programme de ces bouquins inoubliables tous édités  chez Rivages Noir ( la collection de référence ) et servis dans une traduction impeccable de Freddy Michalsky.

Si vous aimez Ellroy .......

 

 

30/10/2005

Alain Goes Disco: New Order : Power, Corruption And Lies

Ca commençait plutot mal. Un titre à la Gerard De Villiers ( S. A.S à l'Hacienda ?) et une pochette kitschissime façon boîte de chocolats pour départ en retraite ou visite éclair à mémé.

Pas de doute New Order aime à semer la Confusion et propage içi l'onde de choc Blue Monday ( insurpassable single propre à jeter un paralytique comme moi sur le Dance -Floor ( c'est dire ! ) et à faire passer James Brown pour James Last ( nos amis belges apprècieront .... )en huit chansons stupéfiantes (!) de retenue ou électronique ( ta mère ) ne rime jamais avec acadèmique....

Les corbeaux gardiens du mausolée Ian Curtis ( rocker en chanvre) en avalent un peu plus leur costard de croquemorts et leur cravate ficelle, mais ceux qui n'osaient avouer leur amour de la Dance Music ( Motown quand tu nous tiens ... ) en plein Trafalgar Punk ( on attendait Rotten et c'est Adam Ant qui arriva ) ce disque trépidant (se ) fait l'effet d'une libération extasiée.

New Order passera au Palace  pour un set ultra-vitaminé de 40 minutes dos au public et mettra le feu au plancher et aux cervelles .

Ce soir là un pan entier de la musique des vingt prochaines années reçoit son premier coup de docks coquées en pleine tronche......

Comme dirait Cabrel , c'était mieux avant ........

Série mon amour. Leaving LA

A Los Angeles  ( city of the lost angels) , les services du coroner sont chargés d'intervenir lors de chaque décès. Ses enquêteurs dûment assermentés doivent procèder aux premières constatations et tenter de déterminer la cause du décès: mort naturelle, accident, homicide.

La jeune Libby Galante (Melina Kanakaredes) fraîchement mutée dans le service, est accueillie et chaperonnée par Reed Simms ( le formidablement charismatique Christopher Meloni , acteur incroyable , dans un contre emploi savoureux ) homme fin, extrêmement timide et à l'humour pince sans rire qui, de toute évidence  en pince aussi ( sans rire ) pour elle ( et on le comprend ...)

Ensemble, ils vont à la rencontre des morts les plus étranges et les plus incongrues- un patineur disloqué sur le ciment d'une piste, six Elvis Presley "impersonators" victimes d'un accident de voiture, ou les ossements de ce qui se révèle être une famille entière. ( épisode très émouvant )

Chaque fois, ils tentent de comprendre ce qui s'est passé et s'en trouvent profondèment affectés.

Plus éphèmère encore que Profit ( qui vient de ressortir en DVD) , et encore moins prèsente dans les mémoires , Leaving LA ne compte que six épisodes , diffusés sur Série Club, à la sauvette.

Ce qui fait d'elle une oeuvre à part, c'est qu'il ne s'agit pas à proprement dire d'une série policière, ni mortuaire ( comme l'excellent Six Feet Under ) ou médicolégale ( comme les Experts ) mais osons ce gros mot ..... poétique.

On y traite essentiellement des sentiments, ce qui nous repose des esbrouffes tape à l'oeil et à l'estomac habituelles.

La distribution , impressionnante, annonce une armada de séries et de carrières étonnantes.  

Tiffany, l'ambulancière, est incarnée par Hilary Swank ( Million Dollar Baby). Anne Haney apparaîtra dans  Midnight in the Garden of Good and Evil (ce qui démontre que notre homme Clint à  du nez en casting director ).Ron Rifkin sera le redoutable Alvin Sloane ennemi intime de l'héroine de la série Alias. Chris Meloni enfilera dès 1998 la tunique de prisonnier de Chris Keller dans Oz. ( autre formidable série )

Par son thème et la dynamique de ses personnages , Leaving LA, anticipa avec plusieurs années d'avance les Experts, Six Feet Under , et Preuve à l'appui, et avec infiniment plus de subtilité.

Légère, mélancolique ( évidemment, sinon je n'en parlerai pas ) aussi onirique qu'ironique LEaving LA est une oeuvre  (d)étonnante qui en seulement six épisodes sut nous parler de la mort en maintenant un équilibre quasi miraculeux entre gravité et poésie.

A quand une rediffusion ( et en V. O . please )

 

28/10/2005

Le long des golfes pas très clairs. Quand la mer monte.

Road movie houblonné,  autobiographie bouffonne  d'une  quarantenaire "désabluesée ", Irène qui  rode son spectacle dans le Nord de la France ( entre Lille, Grande Synthe  et Bailleul ) dans les lieux les plus hétéroclites et improbables. (comme une maison de retraite- scène extraordinaire où les personnes agées réagissent comme des enfants devant Guignol).

Ailleurs Irène a un mari. Tous les soirs , elle lui téléphone après la représentation , puis s'endort devant la télé , croisement improbable entre Janis Joplin et Miss Piggy.

Un soir Irène se choisira un " poussin " spectateur pris au hasard dans la salle , mi complice , mi souffre douleur.

Ce sera le dèbut d'une histoire d'amour et d'humeur....

Quand la mer monte.... est un film d'air qui n'en manque pas , alternant un plan magnifique ( une route bordée de peupliers tous penchés sur le côté droit, comme pour soulignerà quel point le monde va de travers) avec une scène hilarante ( la visite chez les "parents " du poussin ) .

Il y a pleins d'autres jolis moments , drôles et chaleureux, à l'image des gens du Nord .

Il y a surtout un regard très singulier posé sur le monde, à la fois inquiet et angoissé , puis joyeux et désinvolte, tour à tour prosaique et poétique, qui sait aussi se faire discrètement cruel.

A noter l'interprètation époustouflante de Wim Willaert greffon sauvage entre Arno et Jean Luc Anglade , qui crève l'écran, et les apparitions surprises  de la tribu " Deschiens "

Quand la mer monte ...... de Yolande Moreau et Gilles Porte.  

- Comment fait on une tarte tatin dans le Nord ?

- Ben, te mets l'tarte au four pis tatin .....

 

27/10/2005

Les Amitiées Electives : Nick Drake et Vashti Bunyan

Et s'il me plait à moi d'imaginer que Vashti Bunyan ait pu être la Soulmate de Nick Drake. Tant de similitudes..

Même beauté diaphane d'ange préraphaèlite, même grâce empruntée, même exigence et même absence au monde.

Avec sa voix pure comme du cristal , Vashti murmurant avec une innocence proprement stupèfiante les mystères du monde animal, Nick évoquant les nuances infinies du ciel ( Nothern Sky ) , leur répertoire ne se conformant à aucun genre ( le terme folk étant par trop réducteur ) ,n'appartenant à aucune époque.

Chacun avait choisi d'adresser un tendre adieu à la communauté des hommes pressés.Chacun s'est heurté à la brutale réalité de l'industrie du disque, chacun croisa sur sa route le génial producteur Joe Boyd.

Alors oui , vous pouvez rire de moi , mais peu importe.... Dans le monde imaginaire ou je me réfugie, Vashti et Nick, se promènent dans les blés. Ils sont heureux et apaisés . Le reste n'existe plus.

Pour Mister Swamp.

26/10/2005

Si tu t'appelles Mélancolie

De ma forteresse de solitude provinciale me parviennent les échos lointains d'un exposition Parisienne sur mon sujet favori : la mélancolie.

S'installant aux Galeries Nationales du Grand Palais  cette affection qui me touche ( comme tant d'autres ) s'ètire nonchalamment avec ses deux cent cinquante oeuvres, allant du bas relief antique ( et pas en toc ) jusqu'au Mélancholia , d'Anselm Kiefer (1989 )

 Rien que l'étymologie du mot a de quoi faire frissoner. Du Grec melaina ( noire ) kholé ( bile ) la mélancolie est une purge de l'âme qui envahit le corps, infiltre l'esprit comme une averse d'automne , colle à l'âme comme un manteau de pluie et étend sa nappe de brume à mesure que le temps passe.

Tour à tour maladie invalidante et manière de ne pas être , cette innapétence au monde est devenu chez moi un art de (sur ) vivre , un grand écart constant entre aquoibonisme narquois et repli sur soi .

La mélancolie est retorse , fuyante , multiple . Perçue comme une tare au Moyen Age, ainsi que de nos jours ( considérée comme une caratéristique des "perdants " en ces temps forcenés et ridicules de "gagneurs" ) elle était chez les Anciens la marque du génie.

La palette de la mélancolie compte aussi mes deux couleurs préférées; le bleu et le gris. Bleu du Blues et du Jazz ( la légendaire " blue note" et le grisâtre de nos villes " conforme à la morale du rendement et du profit"  

Destin inexorable , infinie douleur, la mélancolie a engendré des chefs d'oeuvres musicaux. De Nick Drake ( l'indépassable "Pink Moon " à Tim Buckley " Blue Afternoon" en passant par Robert Johnson et Miles Davis , tous règulièrement évoqués sur ce blog.

J'y reviendrai.....

Exposition " Mélancolie, génie et folie en Occident" jusqu'au 16 Janvier 2006 aux Galeries nationales du Grand Palais. Paris 8 eme 

25/10/2005

Profit Rolls / sortie Dvd

Sur l'écran de TV , une araignée attend , impassible; une mouche s'englue dans la toile et l'arachnide se précipite pour le festin.

Au moment où elle va frapper sa proie, un pied se pose sur la toile et écrase les deux insectes. Le visage d'un homme apparaît alors , qui commente goguenard : " Amateur....."

Telle était la détonnante bande annonce de Profit, joyau  coupant comme un rasoir,que bouda le public américain et qui aterrit sur nos côtes grâce à Canal Jimmy.

Le cadre, une grande multinationale. A sa tête ( de con ) , des cadres supérieurs .

Profit commence par un enterrement. Le jeune Vice- Président succombe à une crise cardiaque. On nomme à sa place un autre jeune cadre, Jim Profit ,  ( croisement entre Jean Luc Delarue et Brett Easton Ellis ) qui le corps de son ennemi à peine froid, commence à tisser sa toile.

Profit est un manipulateur démoniaque avec une gueule d'ange  et des manières de gentleman. Il veut le pouvoir .Sachant tout sur ceux qu'il côtoie , il fait chanter , flatte , achète , séduit, compromet.

Sur ce scénario atypique pour une série télévisée , Mac Namara, Greenwalt et Cannell ( a qui l'on doit aussi le remarquable Un flic dans la Mafia) vont composer une oeuvre très grincante, bourrée d'aphorismes d'une ironie glacante.

Encensé par la critique et une presse dithyrambique , mais laché par les annonceurs , Profit est un morceau de télévision comme on en a rarement produit, sept heures de spectacle extraordinaire à la construction narrative machiavélique,avec une atmosphère à couper au couteau ( qui anticipe American Psycho ) et un acteur génial Adrian Pasdar.

Cette série , au pouvoir d'attraction fascinant ressort en DVD ces jours çi.  Enjoy or Die ....

24/10/2005

Destination Chef D'Oeuvre : Destination Unknown/ Sexmith and Kerr

Ce disque aurait pu sortir il y a cinquante ans. Il sera  toujours aussi frais , émouvant , arrache sourires et tire larmes dans les cinquante années à venir. Et le grand public s'en foutra.... Et Mc Cartney en fera une crise de jalousie, et Costello en avalera son chapeau.

Hommage au Everly Brothers et au Louvin Brothers , rempli d'harmonies à deux voix et d'arrangements de cordes impériaux, de mélodies imparables qui ne vous quitteront plus dès la première écoute, de textes subtils et intelligents, c'est un onguent , un beaume du tigre pour les oreilles.

Et en plus la pochette est tellement craquante que même un vieux con cynique comme moi s'y laisse prendre et sort discrètement son mouchoir.

N'attendez pas que je sorte dans la rue avec un mégaphone en hurlant "Ron Sexmith est un putain de génie, son disque est une merveille"

Je le conseille aux amoureux qui en seront tout bouleversifiés ( get it Mister Swamp ) et aux grincheux qui en seront tout regaillardis.

Disque du mois , de l'année , de la décennie ( oui je sais, j'ai tendance à en faire un peu trop , et alors ?? )

Sexmith and Kerr : Destination Unknown  

22/10/2005

Because of Vashti

Parce que la vie pèse beaucoup plus lourd que les rêves et mets mes poumons en charpie.

Parce qu'à force de ne pas me mènager j'en oublie que je suis aussi fragile qu'un fétu.

Parce que la fatigue prend parfois le pas sur l'envie , parce que la mélancolie gagne toujours au dernier round 

Parce qu'à force d 'insomnies je deviens plus pâle qu'un fantôme.

Parce que je ne veux pas inquièter davantage les quelques personnes pour qui je compte.

Je vous parlerai du magnifique album de Vashti Bunyan , Lookaftering une autre fois.

19/10/2005

Les filles de mon bureau ( suite )

Les filles de mon bureau embrassent leur chéri sans mettre la langue ( à cause des germes !!! )

Les filles de mon bureau ont commencé à lire le premier tome d' Harry Potter mais elles ont acheté le dernier à minuit le jour de la sortie.

Les filles de mon bureau n'hésitent pas à dépenser 150 euros de fringues pour avoir un ticket de réduction de dix euros sur un parfum. 

Les filles de mon bureau ècoutent Raphael, Carla Bruni et Gwen Stefani. Elles achètent chaque année le cd des restaurants du coeur en ayant l'impression de faire une bonne action .

Les filles de mon bureau trouvent le boudhisme " vachement cool "

Toutes les notes