30/11/2005

My Taylor Is Poor . A propos de Sweet Fuckin' Baby James

Rappelons que James Taylor, s'il était la première star des années 70, n'en restait pas moins un malade mental aux rechutes fréquentes, un junkie issu d'une famille aux tendances suicidaires et alcooliques, depuis longtemps familiarisé avec l'éventail des substances prohibées par la société qui l'avait rendu fou.

James Taylor était MALADE , d'une maladie qui devenait chaque jour plus exigeante et ne disparaissait jamais sans emporter au passage une partie de son âme: LA DEPRESSION.

Suprême ironie : James  considéré comme un artiste hyper-sensible connût son plus grand succès avec une chanson sur le suicide, la narco-dépendance et l'internement psychiatrique. (Fire And Rain )

Lettre de James Taylor destinée au service de presse de Warner Bros (extraits choisis)

"D'après les dires, je suis né le 12 mars 1948 à 17h06, à l'Hopital Général de Boston."

"A l'age de 14 ans, je suis entré dans un internat privé pour garçons pour une durée de 5 ans , plus ou moins."

"Cela semblait faire plaisir à mes parents. Il n'y a pas grand chose à en dire. Je me suis fait quelques amis , mais j'étais triste la plupart du temps"

"A l'automne 1965, je suis rentré dans un état que l'on peut considérer comme de l'adolescence intense " The Best Years Of Your Life" et j'ai passé 9 mois d'internement volontaire a l'hopital psychiatrique de Mc Lean ."

"L'été 66, je me suis échappé de cet endroit et suis parti pour New York ou j'ai formé un groupe " The Flying Machine" avec mes amis. J'ai beaucoup composé à cette époque. Je me suis mis aux drogues dures. New York a eu une mauvaise influence sur moi et après un an, je suis parti et " The Flying Machine " s'est dissous"

"Peter Asher et moi nous sommes rencontrés à Londres. J'avais l'intention de voyager mais j'ai fini par enregistrer pour Apple. Peter et moi travaillons bien ensemble." Aujourd'hui nous sommes chez Warner Brothers, mais je dois mon premier album aux Beatles "

On le voit ,il n'y a pas loin de Taylor à Holden Caufield ( l'Attrape-Coeur) ,et pas loin de Caufield aux milliers d'ados des années 70 , ce qui fit de Sweet Baby James l'album d'une génération......

29/11/2005

Monsieur le Chef de Service

Monsieur,

Vous déplorez à juste titre les milliers d'heures dilapidées par vos employés en discussions sans objet et confessions inutiles.

Au hit-parade de ces palabres improductives, on peut noter:

a) - la réussite mitigée des enfants en sport et en études

b) - les aptitudes précocement développés par cette même engeance à la paresse et l'insolence et la diversité et la richesse de leur sémantique linguistique quand à l'emploi des injures et autres vocables discriminatoires.

c)- les vacances avec leurs photos ( combinatoire de tronches extatiques occultant les monuments et autres couchers de soleil) et autres désagréments anecdotiques, ( exposé des plus belles arnaques du cru, exotisme du transit intestinal local)

d) -la tête du patron quand.....

e)- le stagiaire a été surpris sur voyeur.com

f)- l'érotisme puissant de la nouvelle collaboratrice et les supputations sur la taille de ses bonnets.

Toutes ces préoccupations donnent mal à la tête.

Hélas, elles sont inhérentes à l'humanité même de vos employés et c'est pourquoi elles justifient dans la plupart des cas le recours intempestif à l'automatisation la plus débridée.

Mais lorsque la mécanique est impuissante, il faut accepter l'évidence: on ne peut rien contre la frénésie verbale de la contractuelle, rien contre la logorrhée impénitente du chef de projet.

Je soumets donc ma candidature au poste de " confesseur" des verbeux les plus iréductibles. je serai l'accoucheur des âmes compliquées, une Macha Béranger répliquée dans l'univers impitoyable de l'entreprise.

La création d'un tel poste présente un double avantage:

1)- elle libère les lignes téléphoniques,

2)- elle fait en sorte que les soliloqueurs les plus incurables ne contaminent pas les autres.

A votre disposition, à votre écoute, je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mon attention la plus dévouée.

Alain Plaisant.

27/11/2005

The Beatles Everest : You're lonely at the top

Mister Swamp ( voir son blog Food For Your Ears ) , en parfait gentleman jamais avare d'une invitation, me propose malicieusement de jouer à Beatles Everest .J'en rappelle brièvement le principe : imaginons un instant que les Fab Four ne se soient pas séparés en 70 , à quoi aurait donc ressemblé  leur prochain album ?

Voici ma proposition :

Face A

That Would Be Something ( Mac Cartney )

Cold Turkey ( Lennon)

Beware of Darkness  ( Harrison )

It Don't Come Easy ( Starr ) ( oui je sais sur ce coup là j'ai un peu triché !! )

Ram On ( Mac Cartney )

Apple Scruffs ( Harrison )

Face B

Maybe I'm Amazed ( Mac Cartney )

Isolation ( Lennon )

Isn'it A Pity  ( Harrison)

Instant Karma ( Lennon )

Yer Blues ( Lennon )

Junk ( Mac Cartney)

 

Soit quatre titres de Paulo, un de Ringo ( j'ai truandé mais j'adore I't don't Come Easy et un album des Beatles sans Ringo c'est comme une Julianne Moore sans taches de rousseur ) trois de Georges , et quatre de John .

La pochette les represente au sommet du Mont Everest ensevelis sous la neige  ( get the joke ?) , seul leur tête dépasse. 

Pourquoi un album simple ? Parce que après le White Album , je ne pense pas qu'ils aient  remis si vite le couvert..

L'album commence par That Would Be Something ( Ca va être quelque chose ) et se termine par Junk(Camelote ), les quatre de Liverpool  adorant les " Double Entendre" et les messages cryptiques.

On y trouve un Lennon partagé entre l'addiction à la religion et l'addiction à l'héroine ( "la religion c'est l'opium du peuple ") un Paulo transfiguré par l'amour , un Harrison velléitaire gentiment ironique ( qui n'ose pas proposer My Sweet Lord trop vite , de peur ques ses poteaux ne s'apercoivent fissa qu'il s'agit d'un pompage ) , et le brave Ringo qui s'amuse comme un fou.

Au total , un album un peu foutraque, un peu lessivé, ou le sublime cotoie l'anecdotique, a l'image de cette chronique maussade ( mots sad ) .

" And you know i't don't come easy .... "

26/11/2005

Shakey Neil Young's Biography

Enorme pavé de près de huit cent pages qui se dèvore comme un polar, tout entier consacré au plus entouré des 'Loners" , rempli d'anecdotes à se pisser de rire dessus ( toute la période CSNY ou Stills qui a dans les narines la moitié du PNB de Bogota , prétend avoir servi au Vietnam ( ou il n'a jamais mis les pieds ) et se ballade en tenue de Vietvet en se faisant appeler "Sarge") ou à faire dresser les cheveux sur la tête  ( la fameuse tournée Tonight's the Night qui ferait passer les Stones pour des Amish ) ce bouquin passionnant révéle "The dark side of Neil Young".

C'est aussi un fabuleux panorama de la Westcoast  qui passera de l'utopie hippie "hashassinée" au cocaine rush des années 80. On y découvre des personnages "bigger than life "  de Jack Nitzche ( largement aussi fracassé que Phil Spector) à David Briggs, on rêve sur de mystèrieuses sessions ou Neil et Dylan , flanqué du Crazy Horse, jamment sur les titres de "Blood on the Tracks ", on salive devant les centaines d'inédits qui dorment encore dans les caves et devraient voir le jour sur "Archives", fameuse baleine blanche, projet pharaonique sans cesse annoncé pour être mieux repoussé.

Jimmy Mc Donough , l'auteur  peut tenir la dragée haute à Robert Greenfield ( qui couvrit la fabuleuse tournée des Stones à l'époque "Robert Frank" et " Cocksuckerblues ") pourtant orfèvre en la matière. Ce livre est une grenade dégoupillée prête a vous exploser le cigare. Enjoy or Die.....

Shakey Neil Young's Biography  by Jimmy Mc Donough Virgin Press 7 livres 99

22/11/2005

Voulez vous jouer avec moi ? Ce matin ....

Un choix arbitraire( un peu de mauvaise foi n'a jamais tué personne ) des meilleures rééditions 2005 .

Orange Juice. The Glasgow School . Au panier Frantz Ferdinand , Bloc Party et autre poseurs suiveurs , il y a vingt ans Edwyn Collins , véritable apprenti sorcier nous concoctait un mélange détonnant souvent imité jamais égalé. La sagacité des Smiths alliée au "jangle " des Byrds et un soupcon du Velvet rencontre Chic . Imparable. Quittez les moon boots et les doudounes , on va aller en suer une ...

The Band . A Musical History. Les sidekicks du vieux Bobby mis à l'honneur dans un pavé ( 5 cds et un dvd ) .  morceaux inédits et live ( avec sur le dvd , des extraits du concert de Wembley 1974 , j'y étais moi Monsieur.... ) Les Parrains de l'Américana auront défriché le terrain dans lequel s'engouffrèrent Calexico et autres Iron Wine , aussi chers à mon coeur fatigué qu'à celui de Mister Swamp.

The Stooges. Fun House: Deluxe Edition. Je vais faire court là dessus. Coltrane jamme avec les Rolling Stones . Un des meilleurs " mon poing dans ta face " de tous les temps.

Judee Sill . Dreams Come True. Scandaleusement  ignorée ( sauf au Japon ) cette Lady of the Canyon ( découverte par Graham Nash ) aura connu toutes les galères de l'héroine à la prostitution en passant par la foi chrétienne  (lol).; Cette superbe réédition ( supervisée  par Jim O'Rourke ) lui rend justice post -mortem.

The Cure. Pornography: Deluxe Edition. Impossible d'en parler sans avoir les larmes aux yeux. Sommet indépassable et nadir artistique d'un Robert Smith au bout du rouleau, lové dans sa catatonie. Ferait passer John Cale pour le Bonzo Dog Band.

21/11/2005

Voulez vous jouer avec moi ? Ce soir .....

La fin de l'année étant propice aux classement de tout poil, je vous propose un petit jeu . Quels sont vos cinq albums favoris de l'année 2005 et quels sont vos cinq rééditions favorites pour cette même année ?

Fin du vote le vendredi 23 Décembre , pour un résultat en ligne le 26.

Voici ma sélection:

Antony and the Johnsons . I Am A Bird Now . Lauréat du prestigieux Mercury Music Prize. Peu de chanteurs , y compris Lou Reed et Rufus Wainwright ont su à ce point évoquer la confusion des genres avec autant de passion. Un chef d'oeuvre de pure émotion , à la limite du soutenable.

Richard Thompson. Front Parlour Ballads. Ecrit et enregistré dans son garage de Santa Monica, le grognon Thompson médite sur les vicissitudes de l'amour et les consolations de la vie en banlieue.  Si l'humour est la politesse du désespoir Thompson connaît les bonnes manières.

Sexmith and Kerr . Destination Unknown . Hommage aux Everly Brothers truffé de mélodies a faire passer Sir Paul Mac Cartney pour Bézu, en même temps qu'un témoignage d'amitié émouvant . Le silence qui entoure sa sortie est proprement scandaleux car ce CD de toute beauté est un trèsor bien caché qui saura réchauffer le coeur des plus endurcis des rockers.

Vashti Bunyan . Lookaftering .D'une intemporelle intensité émotionelle, imaginez une soeur solaire à Nick Drake , des arrangement a se damner et surtout une éthique et une morale rares en ces temps de compétition et d'égoisme forcenés.

Vic Chesnutt . Ghetto Bells. Assisté de Bill Frisell à la guitare et de Van Dyke Parks au piano et après plusieurs essais semi-transformés; Chesnutt signe ici son meilleur album . Un "Astral Weeks" baroque et gothique dont l'humour n'est jamais absent.

Demain les rééditions ...... A suivre ....

20/11/2005

Je me souviens des Seventies, puis des années 80.

Premier voyage a Amsterdam , je suis encore mineur. Un incroyable pirate de Neil Young " Live at the L.A Forum " . Coffee Shop , Crash Pad . Je croise Marc Zermati qui vient d'ouvrir l'Open Market. Je m'achète des mocassins indiens.Je suis " the Loner". Retour a Lille entre deux gendarmes .

 Londres , la fin de Carnaby Street qui devient un piège a touristes , Lou Reed  tournée Rock, n roll' Animal , ramené Five leaves Left ...... et des poux .... Speed Kills.

New York 42 eme rue , un club de striptease infernal ou des filles camées jusqu'à l'os me demandent si j'ai besoin de compagnie. Le Villlage Vanguard et Mc Coy Tiner. Tompkins Square , je marche sur des capsules de crack vide.Chez eux Tim Buckley est un inconnu. Bowie passe au Madison Square Garden.

Londres encore : Wembley Stadium : CSNY ,The Band , Joni Mitchell , le lendemain je redeviens interne.

Paris , New Rose , le drugstore , l'Open Market encore ..... les premiers numéros de Creem . Je suis publié dans Rock and Folk. Back in NY City . Un mariage à Little Italy , les gens dansent dans la rue. Je pose devant les Twin Towers . Une boite incroyable " The Church"  dans une église désaffectée . Je bosse dans une boite de disque, les filles me trouvent mignon , je ne vois rien . 

Pattaya , Thailande , le trou du cul du monde , un immense bordel à ciel ouvert. Je m'èvade dans les iles de corail ou je manquerai me noyer . Strong Weed .

Miami. Too much booze. Je viens d'être père et je me retrouve dans la ville de tous les excès. Le club de Jake la Motta. Les bars sur la plage. Little Havana....

Lille , le Grateful Dead donne un concert gratuit. Je pleure la première fois que j'entends "The Loosing End "et " Everybody knows this is Nowhere " 

A suivre ......  ( dans une autre vie .. ) 

19/11/2005

I Feel Good : The Jayhawks Rainy Day Music

La mélancolie maniaco-dépressive se caractèrise par des sautes d'humeur ( moodswings ou cyclothymie ) alternance imprévisible de moments de profond désespoir ( down) suivi de périodes d'euphorie intense (up).

La découverte du Cd des Jayhawks Rainy Day Music (Mercury/Universal) correspond à un méga up.

En effet, ce superbe combo folk rock, pionnier de l'alternative country, supervisé par Ethan Johns et Rick Rubin, puise aux meilleures sources du genre, délivrant un album instantanément familier et pour cause.......il s'inspire sans honte des 40 dernières années du meilleur pop-rock-folk américain ( de CSNY a Simon and Garfunkel sans oublier Creedence Clearwater Revival)

Harmonies célestes magnifiques, ballade qui tue (Angelyne ), mélodies imparables servies à point par des invités surprises de haute volée ( Jakob Dylan , Chris Stills ) tout concourt à un mélange bizarre mais hautement addictif, à la fois simple, bucolique et champêtre, mais aussi lyrique et sophistiqué.

Oubliez vite fait la pochette hideuse et leur sex -appeal proche du néant absolu et écoutez moi un peu.

Paraphrasant John Landau j'affirme sans détours " J'ai vu le passé du rock'n roll , il s'appelle les Jayhawks" car si j'aime tant leur musique , c'est qu'elle me renvoie en pleine poire ma jeunesse enfuie: j'ai 20 ans ,l'été arrive, on a loué et retapé une maison à la campagne avec deux copains, nos girl-friends sont belles, on charge dans le coffre de notre vieille caisse quelques packs de bière , quelques bédos dans la boite à gants et on fonce en ville pour un concert de folie ( Patti Smith , Neil Young , Cat Stevens )

Come on , let's rock...

Pour Mister Swamp qui devait sucer son pouce à l'époque ... Affectueusement.

18/11/2005

Vashti Bunyan :La caresse du fantôme

Son nom ne dira pas grand chose au moins de 35 ans. Après un Just Another Diamond Day passé à l'époque inaperçu , mais valant aujourd'hui son pesant de brouzoufs sur Ebay, Vashti revient sur la pointe des pieds ,elle qui chuchotait " avoir perdu totalement confiance"

Découverte pourtant par Andrew Loog Oldham, comparée un peu hativement à Marianne Faithfull, épaulée par Joe Boyd ( découvreur de génies ) , son premier opus aurait pourtant largement mérité une reconnaissance mondiale, si ce n'est que "inhibée par le fait d'être novice, elle s'en était remise à d'autres pour produire un album qui ne lui ressemblait que de loin.

Qu'est-ce donc qui pourrait ressembler au double inversé de Nick Drake et qui, à un moment, a entamé un long périple pour s'installer dans le phalanstère artistique que Donovan rèvait de créer dans une île d'Ecosse? ( l' aurait-il appelé Atlantis ? ) Un miracle faite femme...

" Je ne suis pas une chanteuse fok,même si mon album a des allures bucoliques" Pour elle, en effet " le choix d'opérer sur un champ où prédomine l'acoustique est contrebalancé par une volonté de marier folk et musique classique " ( et réussir l'exploit de n'être jamais chiant , à l'inverse de Kate Bush)

L'instrumentation va donc se faire " hétéroclite et marquée par le souci de rompre avec les arrangements convenus que ce soit pour la guitare ou pour les cordes"


Résultat " Lookaftering" est donc un album fédérateur inoui , que ce soit par sa couleur musicale, mais aussi par son titre magnifique ( un néologisme futé signifiant le fait de prendre soin des autres)

Dès lors , on ne reste guére éloigné de l'idéologie hippisante, ce qui, en ces temps d'égoisme forcené est plutot une bonne nouvelle.

Lookaftering peut déjà entre en lice pour le meilleur album de l'année.

17/11/2005

Monsieur le Directeur Des ressources Humaines De La Poste

Par la présente , je me permets de revenir sur une idée que vous ne semblez pas avoir cru délicat de développer lors de notre contact téléphonique, du 15/11/2005. Le combiné dans la main, hébété par la plus séquencée des tonalités de France Télécom, j'avais alors mis votre extrême concision sur le compte de votre extrême pudeur.

Rappelez -vous: je briguais fièrement un poste de guichetier quand vous avez employé à mon endroit un terme que le petit Robert feint certainement d'ignorer:

" Vous êtes surdimensionné pour le poste"( à moins que ce ne fût: "Vous êtes surdimensionné pour la Poste" je me perds en conjectures )

Un vocable, en tout cas , dont le sens ne m'est apparu que bien plus tard, alors que je désespérais de faire parvenir l'intégrale de "A la recherche du temps perdu" ( c'était de circonstance ) à un ami francophile et très lointain.

Les huit Folio ( collection de livres pas chers à destination des budgets riquiqui ) ne tenaient en effet pas dans le révolutionnaire POSTLIVRE, ce paquet postal " économique " à tarif forfaitaire prohibitif dont je venais de me fendre, et que m'avait " recommandé" une de vos banderoles publicitaires, avant d'être promptement relayé par un de vos conseillers dont le discours était aussi décousu que le costume qu'il arborait.

Voyant  que mon embarras tournait moutarde, un préposé à toutes opérations qui ne manquait pas d'audace a prononcé très distinctement la phrase suivante :

" Vous devriez plutôt vous offrir une Pléiade. D'abord parce que c'est agréable. Ensuite parce que par son format condensé, vous pourrez la loger dans un colis classique tout en profitant du tarif spécifique en vigueur pour les envois de livres à l'étranger" ( qui s'avère également être un très bon roman de Camus à t'il ajouté )

J'avais mon explication et le démenti  qui m'avait cruellement fait défaut lorque vous aviez décidé, malgré mon insistance, d'abréger notre conversation:

La Poste emploie effectivement des "surdimensionnés" à ses guichets, ce qui n'est apparemment pas le cas à sa Direction des Ressouces Humaines.

Alain Plaisant.

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