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31/01/2006
Addicted To Love
Et si finalement, la toxicomanie n'était guère plus qu'une habitude routinière, dans laquelles s'enferment des jeunes ( où des moins jeunes ) gens en quête éperdue de réassurance, mal préparés à affronter les incertitudes de l'existence. ?
Et si , de même les " mauvais " choix de conjoints relevaient également des mêmes mécanismes et conduisaient à la même forme de dépendance, notamment par le mécanisme de tolérance.
Les addictions comportent deux versants apparemment contradictoires: d'une part, elles peuvent être concues comme un refuge dans l'habitude, constituant des séquences vécues d'autant plus prévisibles que la dépendance est tyrannique.
D'autre part, elles peuvent, au contraire , présenter le caractère d'une recherche de sensations fortes, de prises de risque active, dans l'abandon passionnel à un objet.
Ces deux versants vont se retrouver dans les deux principales formes de relations affectives potentiellement addictives, la passion amoureuse et la codépendance.
Et, de fait, les premières descriptions des toxicomanes ont tout naturellement fait appel au langage de la passion amoureuse: le " coup de foudre" toxicomaniaque précéde la " lune de miel ", période euphorique suivie, à terme , par "la lune de fiel".
La comparaison de l'amour passion à une maladie est aussi très répandue, et cette vision romanesque du coup de foudre est , selon des auteurs populaires, l'une des causes culturelles de l'addiction à la relation.
Osons donc rompre avec les idées recues d'un bonheur pastel et sans histoire et cherchons dans ce caractère passionnel des relations les signes avant coureurs d'une relation potentiellement addictive, handicapante pour le sujet, nuisible à tout le reste de ses investissements, s'opposant à son épanouissement....
Je vous laisse y rélèchir , car comme le dit si bien Brian Ferry: Love is The Drug .
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27/01/2006
Les Enfants De La Nuit
" Dès qu'il eût passé le pont , les fantômes vinrent à sa rencontre "
06:53 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/01/2006
All I Need Is Some Sleep
J'ai du ces dernières semaines faire face à des événements assez durs qui viennent perturber durablement mes pensées et m'empêchent de consacrer à ce blog le temps nécessaire .
J'ai besoin d'un peu de repos, le temps pour moi de recharger les accus , d'aller me gorger de nouvelles émotions, de dormir un peu surtout, d'oublier un peu .....
A très bientôt........
L'homme éponge .
06:51 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22/01/2006
La Guerre des ( Im ) Mondes : Père Oh Mon Père
Au delà de l'indéniable performance pyrotechnique ( époustouflante) ce film me touche profondèment puisqu'il montre un père démisionnaire et résigné qui va comprendre que le seul moyen de sauver ses deux enfants est de considérer sa paternité comme une relation et une transmission et non plus comme une simple fonction biologique.
Histoire simple d'une survie, autant physique qu'affective. Protéger sa famille en même temps qu'apprendre à la découvrir. Etre a la fois l'autorité musclé qui interdit et celui qui sait respecter une progéniture avec qui il n'entretient plus qu'une relation morcelée.
La guerre des mondes est avant tout une (re ) conquête du role paternel, ou comment assumer sa responsabilité et apprendre et accepter de devenir un adulte au regard de ses enfants.
Film sur le choix ( passer du role de l'enfant désarmé à celui du père responsable ) et les renoncements qu'il implique.
On pourra parler d'idéologie familiariste ( et on aura raison ) mais par les questionnements qu'il induit ce film reste un passionnant sujet de réflexion .
17:04 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21/01/2006
La Solitude De Brian Jones Vue Par Yves Adrien
Brian Jones, mort " à l'age de 26 ans ", en avait mille, vieille femme enceinte d'un ange mort-né, expérimentateur poly-instrumentiste payant le prix d'une vie d'exigence, d'égoisme et d'insatisfaction, Pop -Star affligée d'une horde d'enfants illégitimes auxquels il préférait ses chats, bref un coeur frigide: Mr.Heart of Stone, pour les fans.
"I see a red door/ And i want to paint it black": jeans de velours rouge et col roulé noir pour les séances du single menacant la lumière du monde ( " No colours anymore/ I want them to turn black" ), Brian Jones avait refermé chaque porte sur lui, remplacé ses relations par des sitars accordés à ses nerfs de cristal et goûté, en anti-cernes Estée Lauder et manteau d'hermine, ce cannibalisme autodestructeur que Poe nommait " démon de la perversité" et Sade " principe de délicatesse.
L'absolu entravé à sa source, le perfectionnisme menant à la suffocation et le bonheur borné des autres perçu comme un arrêt de mort, symptomes via lesquels le Rolling Stone blond se faisait l'héritier de Marylin Monroe: un Something's Got To Give inachevé, un Beggars Banquet d'où l'on sort seul, ultime acte d'Icône vieillissante entrevoyant le final façon silence-et- pharmacie, quand s'abat cette certitude que tout, décors et sentiments, sourires et soirées, ne fut que prétextes, leurres à l'usage de ceux qui ne demandent pas trop.
Pourtant, les Stars, au coeur stoppé eurent une enfance; dans Music Parade, éphémère revue anglaise de l'été 1965 promettant " Les Stones Par Celles Qui Savent", Mrs. Louisa Jones évoquait le jeune Brian,son fils: " A l'école, il était très tourné vers les sports, ping-pong et judo surtout, le plongeon, où il excellait. Nager ne l'intéressait pas particulièrement, mais c'était un habitué de l'échelle menant au grand plongeoir...."
Avec l'arrêt sur image du 3/7/1969, corolle argentée d'une chevelure buvant le chlore d'une piscine du Surrey,l'on lirait là la seule épitaphe digne de Brian Jones:
" Nager ne l'intéressait pas particulièrement."
16:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20/01/2006
Bashung : A propos de Fantaisie Militaire
Pour D.O.A qui a résolu l'énigme et souhaitait des infos sur Bashung.
Interview réalisé par Bruno Bayon
Album dépression ?
Le mot "dépression" concerne tellement de gens qu'il me semble tombé dans le domaine public. Moi, je connais çà régulièrement, après une longue journée. A ce moment là, j'ai l'impression de sortir d'un cyclone et, au lieu de profiter de toute cette énergie passée, je dois reconstruire les maisons , les ponts, les routes, etc. Alors, plutôt un album postdépression.
Où es tu ? que fais tu ? Ce matin ?
Je soigne une bronchite, ma tête est lourde et je fais des efforts pour me concentrer.
La crise entourant l'enregistrement rappelle " Play Blessures" . Cycle ?
Les circonstances personnelles et professionnelles sont pratiquement à l'opposé et le désarroi presque identique. pendant les années Play Blessures, je hurlais des mises en garde pour que nos problèmes sociaux ne s'épanouissent pas. Le contraire s'est produit mais il reste toujours une chance, peut être en traquant l'impossible. Les derniers albums racontent plus nos rapports humains et les effets que produisent sur chacun de nous ces problèmes.
Tu as enregistré en peine rupture. est- ce que ça a gêné, ou servi ?
Les expériences peuvent servir à mieux définir le goût et la couleur des sentiments, et parallèlement peuvent desservir si l'expérience charrie une démotivation. Mais ça ne suffit pas, il faut des mécanismes, un point de vue. J'ai de l'admiration pour les artistes qui ont l'air de tout inventer, de toutes pièces.
Dans la dépression, on revit les drames actuels à travers ceux de l'enfance,l'abandon. Le tien, c'était comment ?
A l'époque,le monde s'est écroulé. Aujourd'hui , je me dis que j'ai pas fait mieux.
Ta naissance est ta zone d'ombre. Peux tu faire l'effort ( vraiment ) d'en parler?
Il y a longtemps, on m'a parlé d'un père kabyle. j'en sais pas plus.
"Fantaisie Militaire" est très retenu. D'abord, il semble sans relief, ne s'ouvre qu'à l'écoute insistante. Effet conscient ?
Ca doit être ma manière de m'exprimer. D'où que je parte, j'arrive au même endroit.
Ce disque à l'air de l'accomplissement, manqué avec " Figure imposée" "Elégance", une hantise musicale.
La radio de mon enfance m'a souvent baigné d'orchestres de cordes, les unes pour vous lier à un être cher, les autres pour vous serrer le kiki.
Le texte est plus premier degré....
Parfaitement exact.
" Tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche, mon garçon" C'est autobiographique ?
J'ai connu, je connais ces histoires de rendement. Il faut que ça cesse. Quand ? Comment ? Bonnes questions.
Comment se passe l'écriture avec Fauque ?
C'est l'addition de mots, de bouts de phrases, de conversations. Les chansons se fabriquent toutes en même temps. Ca permet de mettre les idées qui viennent à la bonne place, en évitant de chercher à traiter un sujet à tout prix.
D'où sort ce "Samuel Hall" ? Et ses pathétiques "Je vous déteste tous" ?
C'est Rodolphe Burger ( Kat Onoma ) qui m'a mis pendant quatre minutes dans la peau d'un enfant en colère.
Où es tu, que fais tu, à la mi-journée ?
J'allume une cigarette. Je ne devrai pas . je l'éteins. sans l'écraser. Je repense à Saint Malo. 6 heures du matin, une chambre sur la mer. L'écume rage à cinquante mètres. Derrière , le rideau de la nuit laisse deviner un commando d'hommes-grenouilles. Mission: petit déjeuner.
Tout cela enterre ta vie de couple 1981-1996. entre ce qu'on peut et ne peut pas montrer , comment fais tu le tri ?
Je ne fais pas. je m'organise une nouvelle vie, avec la tête remplie de la précédente.
C'est finalement la résignation. Nostalgie plutôt que rancoeur ?
L'incompréhension l'emporte sur tout le reste . Je découvre au fur et à mesure la farce cachée des choses ( Sic )
Différence entre la mélancolie de " Fantaisie" et celle de toujours en toi ?
Si mon album ressemble à ce que j'ai voulu, il n'y a pas de différence. Une mélancolie qui disparait au moindre contact " humain". Ca fait plusieurs fois que j'utilise le mot "vie"; çà n'arriverait jamais dans un de mes disques. Vrai ou faux ?
Tu penses à la vieillesse, à la retraite ?
J'essaie d'être à la hauteur d'un miracle qui se prolonge.
Tu es apparemment le plaqué. Elle ne t'aime plus et tu l'aimes toujours, pour de vrai ou pour la pose ?
On va dire que c'est exactement ça. Pose comprise.
" L'honneur perdu" - tu penses toujours ce que tu dis? Ou tu joues au petit soldat ?
Si l'on pouvait retrouver sa dignité aux "objets trouvés", comme un vieux parapluie.
Le " rock" est assez absent. Rejet ?
Je ne conduis pas. je prends des taxis. Ca doit déteindre sur mes parcours musicaux. L'aspect civique n'est pas négligeable, il reste le Diesel.
Bilan de dix albums en vingt ans? S'il fallait en garder trois ?
Je pense à d'anciens albums comme Roulette Russe, Pizza, Play Blessures, qui ont jeté les bases de mon travail futur. Pour les plus récents, je n'ai pas assez de distance. J'ai d ela tendresse pour mes disques live. Tout ça jamais assez bien.
Comment composes tu ? A l'aveugle ?
Une fois les textes écrits, je les chante. Ca donne des brouillons suggestifs. ensuite, je demande à des musiciens de suivre ou de pervertir. Certains ont besoin d'explications, d'autres de liberté. C'est simple, ça prend des mois.
Un album en rupture de plus.
La dernière fois que j'étais raisonnable, on m'a traité de sombre con. C'est vieux maintenant.
Sting a fait un hit avec " Every Breath You take ", chanson d'obsédé à la femme qui l'avait quitté. tu aimerais çà ?
Qu'est ce que c'est , ce Sting ? Mets - lui un R à son nom, on y verra plus clair.
"Je mens/ je m'en lave les mains", c'est une révolte contre le cabotinage de l'infortune ?
Si je veux définitivement gommer le cabotinage, il faut que je change de métier. fais gaffe, là, tu insultes mes électeurs.
Où es-tu, le soir venu ? La nuit ?
Ps) En fait, je cherche un appartement- sans être un appartement- où je puisse à nouveau aimer Paris .
Pour DOA , Phil , Mister Swamp, Mil , and Marie " the one and only"
00:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19/01/2006
LE QUIZZ DU MOIS : Premier Indice
Tel un Adonais soufreteux , une ondine asthmatique ......
06:28 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17/01/2006
LE QUIZZ DU MOIS
A l'instar de mon ami Mister Swamp , je vous propose un quizz .
Qui à prononcé ces vers , pour qui, et en quelle occasion ?
" Cessons de pleurer, il n'est ni mort ni ne dort, il ne s'est qu'extirpé au songe de la vie. C'est nous, qui, perdus dans des visions orageuses, menons avec les fantômes une vaine lutte et, dans une transe maladive, frappons du couteau de nos esprits des riens invulnérables. Meurs si tu veux trouver ce que tu cherches, và où tout s'enfuit "
21:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
16/01/2006
Le Saviez Vous ? The Big Lebowski
Saviez vous que ?
C'est Jeff Bridges qui suggéra que la chanson de Creedence Clearwater Revival " Lookin' Out My Back Door " soit entendue juste après l'examen proctologique du Dude ?
Qu'Aimée Mann joue le role de la fille du gang nihiliste qui se coupe un orteil ?
Que Flea , le bassiste des Red Hot Chili Peppers joue le role d'un autre nihiliste ?
Que le détective privé John Polito conduit le même modèle de coccinelle qu'Emmet Walsh dans Blood Simple ?
Que selon l'association des barmans d'Amérique la vente du cocktail ( atroce !) White Russian a quadruplé dans les mois suivant la sortie du film ?
Pour J.D , de la part du Dude.
21:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
14/01/2006
Discocaine et Soul Blanche : Bowie Young Americans
Peu de temps après sa sortie , Bowie affirmait crânement que cet album de " soul en plastique" était " le R and B le plus bidon qu'il ait jamais entendu". Ce qui ,à priori, pourrait passer pour une autodépréciation due aux effets secondaires de la coke, s'avéra en fait une déclaration d'intention ingénieuse, confirmant le côté Warholien du personnage.
Plus prosaiquement,Young Americans demeure un classique, un tournant, une manière élégante de balayer les cendres ( Ashes to Ashes ") de Ziggy, un personnage devenu à la longue une parodie embarassante de lui même.
Cet été 74, un Bowie cocainé jusqu'à l'os s'enferme au Sigma Sound et décide de s'immerger profondèment dans la vague soul et disco qui déferle sur les States.
L'Amérikkke qui jusque là résistait à ses charmes sera prise d'assault, à la hussarde.
Véritable machine de guerre en effet que ce groupe titanesque, composé du guitariste virtuose Carlos Alomar, du bassiste Willy Weeks, du batteur de Sly And the Family Stone Andy Newmark, et du jeune Luther Vandross aux backings vocals, sans oublier son sidekick Tony Visconti, à la production.
Dès le premier jour de ces deux semaines frénétiques, Bowie insiste pour enregistrer en live, porté par le groove incandescent du groupe.
" Ses vocaux étaient tellement parfaits , si profondèment ressentis, qu'on n'à pratiquement pas eu à refaire de prise. 80 pour cent de l'enregistrement est entièrement live" raconte Alomar.
L'album faillit s'appeler " Shilling The Rubes " ( terme d'argot qui signifie en gros " Piègeons les gogos" )
Chaperonné par Elisabeth Taylor qui le présenta à John Lennon, Bowie courtisa notre scarabée sans relache, jusqu'à ce que John (qui le trouvait étrange ) accepte de riffer avec lui sur un rock'n roll " Footstompin" qui donna naissance à " Fame", titre emblèmatique de l'album, véritable triomphe qui propulsa le "Thin White Duke" au sommet des Charts US.
Cet album , très orienté vers les clubs, pava le chemin pour l'intégration des musiciens noirs au sein de groupe blanc.
C'était également un précurseur des Bee Gees tendance Saturday Night Fever, et des immondes groupes " désigns" des années 80 , tels Spandau Ballet ( dans le cul ! ) ABC et Heaven 17.
La couverture de l'album , présentant David sous ses atours de "new Soul Boy" entraina un million de coupe de cheveux.
Bowie avait réussi cet exploit ( après les Beatles en 64 ) de blanchir la musique noire et de la vendre aux Amérikkkains.
Par dessus tout " Young Americans " fut ce moment décisif ou je me mis VRAIMENT à essayer de( Let's )Dance(r) ( et abandonnait tout aussi rapidement )
Pour J. D
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