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30/03/2006
Conduit aux larmes: Un Sentiment D'Abandon de Christopher Coake
Christopher Coake a trente ans. Il signe un premier recueil de nouvelles si maitrisées et déchirantes qu'on reste sans voix devant tant d'émotion nue.
Dès les premières lignes on est attrapé par le coeur comme si un type rencontré dans un bar de nuit posait soudain sa main sur votre épaule , vous offrait un verre et décidait de se confier.
On est à mille lieues des émotions putassières en vigueur , de cette obligation lacrymale si facile qui prédomine , loin des pleurnicheries et des violons.
Avec un sens du détail étourdissant, Coake nous rend palpable une respiration, un geste d'abandon, tout ce qui d'ordinaire reste hors champ et ceci avec une capacité d'incarnation qui confine au génie, comme si l'auteur était un souffle incarné qui passait de bouche en bouche , d'âme en âme , comme si une plaque photographique , un scanner émotionnel , un sismographe du coeur nous révèlait simplement que la vie n'est finalement que la somme de ses échecs les mieux négociés.
Chaque nouvelle nous rappelle que la souffrance la plus atroce est celle qui nous renvoie à notre solitude.
Une souffrance atroce qui nous révéle dans une lumière nue la vérité de ce que nous sommes, , la force désespérée avec laquelle on tente de s'accrocher à la vie qui se dérobe, cette sublime élégance du désespoir qui aide à surmonter la gravité des choses avec la sagesse d'une larme qui se déguise en poussière par pudeur .
Continuer de vivre , et essayer de sourire avec le coeur brisé , telle est la leçon de ce livre magistral.
Christopher Coake : Un sentiment d'abandon : Albin Michel
07:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28/03/2006
Ce blog me dit .....
Qu'il est beaucoup trop triste en ce moment et qu'il à besoin d'un peu de repos ....
18:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
23/03/2006
Que N'étais Je Fougère ! Paddy Mc Aloon
Paddy Mac Aloon, petit prince de la pop , oeuvre en secret entre pièces savantes et bubblegum, mélodies catchy ou architectures sonores élaborées mais ne conquiert qu'un cercle ( vicieux !) très restreint de fidèles.
Qu'importe que cet Icare se soit brulé les ailes au feu sacré de la passion. Icare doesn't care . La musique de Prefab Sprout échappe à toute réduction ou classification hative, elle n'est ni farouchement joyeuse ni vainement triste, juste un peu bittersweet et contient à grand peine ( sic !) avec une sagesse amusée des histoires d'écorchés et d'écorchures.
Encore une fois , l'histoire banale d'un type outrageusement doué qui n'arrive pas à se résoudre à son humanité si contingente, aux semelles de plomb du réel , lui qui se rêvait ange ou simplement fougère.
Quand Paddy chante l'amour , il se montre invariablement perplexe, alternant la sagesse désabusée d'un homme d'expérience ( malheureuse ) avec de purs moments d'étonnement cousus d'enfance.
Avisé Mc Aloon se rit de lui même et de l'incompatibilité qu'il perçoit entre le sentiment amoureux et la trahison et le mensonge qu'il induit .
Paddy Mac Aloon a cependant réussi un exploit : celui d'habiller sa douce acrimonie d'un costume sonore de rêve , du sur mesure, un prêt à porter mélancolique et suave.
Chacune de ses chansons prèsente plusieurs dimensions , une face lumineuse, accrocheuse en diable qui ravira les amateurs de couplets bien troussés et de refrains entêtants, qui cache une face beaucoup plus sombre, évidente dès que l'on se met à écouter ( et comprendre ) les paroles.
Car les textes sont à se damner , un véritable bonheur d'écriture qui ne trouve son équivalent , ses doubles sens , et autres métaphores que chez Morrissey ou plus près de nous Alain Bashung.
C'est ce paradoxe l'atout maitre de Paddy , son levier pour mieux soulever les pierres de l'ambiguité et révéler l'amour dans sa globalité, ce continent inconnu , territoire du tendre ou joies et peines s'engendrent mutuellement.
18:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21/03/2006
Prefab Sprout : Andromeda Heights
Il y a des moments ou on reste sans voix devant un album . Alors on cherche une formule , un raccourci , parce qu'on ne peut pas prendre chaque bloggeur (se ) par la main en lui disant a quel point c'est une merveille .
Disons que c'est le disque que les Beatles auraient pu faire s'ils étaient toujours ensemble , disons que Paddy Mc Aloon est un putain de genie , un song writer d'exception , disons que c'est un grand huit émotionnel , un album pour tomber amoureux , être un peu neuneu ( c'est si bon !) et puis non , ne disons rien , retournons plutôt l''écouter bien au chaud sous la couette !
18:06 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19/03/2006
Volatile : Jaseurs de Jonathan Raban. Christian Bourgois Editions
Formidable bouquin que ce deuxième roman qui rappelle le meilleur de Carver , D'Altman , de Tom Waits ou de Lou Reed ,bref des plus grands storytellers , tout ces types tellement doués qu'ils vous vendraient un cul de rat pour une bague de fiançailles.
En faisant converger le destin de deux déracinés d'origine sociale et ethnique différente, Jaseurs nous plonge avec beaucoup d'ironie sous la douche froide de l'impitoyable modernité.
Tom Janeway, 40 ans , anglais d'origine hongroise, est le modèle même du professeur de littérature distrait , toujours perdu dans ses songes et l'ébauche de son prochain livre, a tel point qu'il ne voit pas sa femme Beth, s'éloigner imperceptiblement de lui et son rêve de stabilité familiale se lézarder.
C'est justement au moment ou Beth décide de démènager pour aller vivre seule que Chick, immigrant chinois débarqué illégalement dans un container, arrive dans le quartier cossu de Janeway et lui propose ses services.
Comme dans le film Collision , auquel on pense souvent, Raban parle des vissicitudes de la vie , de ses coups bas , de la reconstruction qui suit un échec, de son mouvement imprévisible, tantôt sombre, terne ou coloré, de ses bavardages vains qu'on tente de faire passer pour de brillantes conversations.
C'est également une réflexion subtile et lettrée sur l'identité de deux individus que tout oppose , séduits, puis victimes des illusions du rêve américain.
Mais c'est avant tout la brillante dénonciation des illusions d'une société crispée sur ses rélexes identitaires, alors même qu'elle feint la fluidité et l'ouverture.
Chaudement recommandé.
10:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16/03/2006
Elkas la baraque : Peter Elkas : Party of One
Disque de chevet de Ron Sexmith , mon chouchou , album court mais dense qui parle de solitude, de mauvaises décisions prises, de recherche de soi, de fugue et de travail.
Les émotions y sont simples , pures et réfléchies,les textes poignants et profondèment honnêtes,remplis d'une candeur proche de celle de Jonathan Richman .
Un type qui chante "le soleil perce a travers les vitres de mon centre d'appel ,j'essaye de l'apercevoir , mais quelqu'un baisse le store pour se concentrer sur les infos de son écran" à le pouvoir de me bouleverser .
En plus ce Elkas à un jeu de guitare que j'adore ou l'émotion et la maladresse l'emportent sur la technique , en fait son CD est EXACTEMENT l'album que j'adorerai faire si j'avais vingt ans de moins ....
Je recommande chaudement cet ancien glacier devenu musicien.
07:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
14/03/2006
Baby You Can Drive My Car : Collision de Paul Haggis
Grande fresque chorale dans la lignée de Magnolia ou de Short Cuts, avec lequel Collision partage également un lieu , Los Angeles, et un regard tendrement ironique sur l'humanité, entre roublardise et sincérité ,le film émeut aux larmes.
Avec la même foi en l'homme déjà mise en oeuvre dans Million Dollar Baby, Collision part de l'individu , de son libre arbitre mais également de l'interdépendance de ses actions sur le reste de la communeauté.
Entre repli sur soi et psychose permanente, Paul Haggis nous brosse la complexité de tout être humain où les pulsions incontrolables de peur et d'autodéfense cohabitent avec des instants de grâce pure et de bonté.
Mais le film traite avant tout de l'ironie du destin et de la condition humaine, prouvant que les rôles peuvent s'inverser en une fraction de seconde, que la frontière entre un ange est un salaud est décidèment bien floue et que surtout la mort frappe ou bon lui semble.
On n'est pas très loin de La Règle du Jeu de Renoir et de cette sentence implacable " Le plus terrible dans ce monde, c'est que chacun à ses raisons "
Très déstabilisant, le film nous interpelle et fait voler comme un éclat de pare-brise le politiquement correct en nous renvoyant sans mènagement à notre conditionnement et à nos préjugés. Il souligne l'influence de la construction mentale, des modèles et du conformisme en pointant que nous sommes tous potentiellement bourreau et victime de l'ordre social.
Pour celà on lui pardonnera quelques affèteries scènaristiques ou la forme l'emporte sur le fond ( l'histoire de la cape d'invicibilité bien que formidablement émouvante est un peu "too much" , pour mieux se concentrer sur le jeu des acteurs , tous en état de grace..... ( même Sandra Bullock est touchante c'est dire ....)
" Nous vivons derrière du métal, du verre. Nous manquons tellement de ce sens du toucher que nous entrons en collision les uns avec les autres pour simplement sentir quelque chose "
Loin d'être spécifiquement sur les relations interraciales, le film est plus un raccourci ( shortcut) sur la manière dont on négocie avec les étrangers, ce qui est révélateur de la façon dont on se perçoit et pose cette question taraudante comme un mal de dent : Qui sommes nous au fond ?
ps) a signaler la très belle bande son de Mark Isham....
18:05 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10/03/2006
Norwegian Spleen :The White Birch /Come Up For Air
Ce disque m'est tombé dessus lors d'un voyage à Bruxelles sous la neige. Comme un croisement béni sinon bénin entre Mark Hollis et The Cure à son plus gris ( période Faith), Come Up For Air, dispose des compositions en funambule, suspend et étire les sons comme une pâte, avance masqué et en crabe sur les eaux (é) mouvantes de la discrétion , s'amusant même à théoriser ses intentions ( Can You Hear Them ? The Quiet Sounds That Fill The Years ?"
Mélange de classe un peu hautaine sans le vouloir et de modestie non feinte, de délicatesse ouvragée et de scansions pèse nerfs, musique mélancolique de l'au delà des larmes, froide et désolée, d'une tristesse indicible, antiennes de la montée du soir et de la solitude la plus extrême, du découragement , éloge de la lenteur et du spleen névrotique.
De douce amertume en rêves brisés, de vague à l'âme en replis intimes, cet album rare atteint à une plénitude qui aide l'auditeur à toucher le fond pour mieux remonter reprendre une goulée d'air salvatrice, entre attente et désir de voir ce groupe singulier en tournée francaise en Mars 2006.
Swamp ce disque est pour toi .
17:55 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06/03/2006
....Avec Lio Du Bain . Lio (1980 )
Au risque de me faire couvrir d'opprobres et de lazzis par la jeune garde , de voir un Swamp (TM) incrédule se demander ce que j'ai pu bien prendre, je l'affirme sans ambages, l'album éponyme de Lio (1980 ) fut un album phare pour ma génèration.
Pétillante jeune fille de 17 ans, lolycéenne bruxelloise par ailleurs, Wanda débarque sur les ondes avec Babana Split, ritournelle entétante , cousine de province des sucettes gainsbourgeoises. Lio devient avec ce single cinglé ( a fellation controlée) l'icone ( pas si conne ) de l'esprit des années 80, légère et insouciante, telle une Pascale Ogier.
Lio ( 1980) sera l'album de la révélation. Celui des tubes imparables, Amoureux Solitaires ( produit par Jacno en personne ) qui reste aujourd'hui encore l'un des plux beaux textes écrits sur la solitude et le désenchantement amoureux, et le Banana Split , of course, mais aussi des moins connus, le délicieux Amicalement vôtre, mais aussi la Panthère rose ( rosse ?) qui imposera une image de femme sexuelle qui fait ce qui lui plait. " Tu connais pas la panthère rose? Tu proposes, et elle , elle dispose", ce qui lui vaudra des tomberaux d'attaques médiatiques extrêmement virulentes.
Chouchoutée par Jacques Duvall ( paroles ) et Jay Alanski (musiques) Lio, mutine et survoltée, alterne electro-pop et ballades lacrymales ( Si Belle et inutile, You Go to My Head ( immortalisée par Billie Holiday)
Entre coke lourde et coca light , superficialité et profondeur, d'une mélancolie aquaboniste qui demeure sa marque de fabrique, Wanda entrait dans la légende.
06:55 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04/03/2006
Nom D'un Chien ! Dogs Die In Hot Cars/ Please Describe Yourself
Vraiment pas radins ces écossais là , puisque leur premier album est un véritable condensé de la quintessence (sic !) de la brit-pop des années 70 et 80 , de Madness ( honteusement sous estimé en France ) en passant par Squeeze ou les fabuleux Dexys Midnight Runners.
Gageons sur pièce: ce CD est un I-Pod ( therefore i am ) miniature, bourré juqu'au dernier bit numérique de refrains entêtants , de basse sticky et de claviers tintinabullants qui colleraient la danse de Saint Guy à un cul de jatte.
Godhopping, Lounger, I Love You'cause I Have To , autant d'hymnes survitaminés et affolés adressés cranement à une jeunesse inculte qui pense que XTC n'est qu'une pilule à gober.
En trente-cinq minutes et dix chansons calibrées pour tuer, ce véritable cocktail énergètique, qui malgré mon âge avancé, m'a vu sautiller comme un cabri ( et pourtant cabri c'est finiiiii !) est l'un des plus revigorants remèdes à cet hiver qui n'en finit pas.
Chaudement recommandé.
12:18 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



