14/04/2006

Kevin Coyne expliqué aux jeunes générations

Kevin Coyne grandit dans une famille ouvrière catholique de Derby. Après des études d'art, au début des années 60, il décide en 1965 de devenir travailleur social, à l'hopital de Whittingham ou il s'occupera surtout de vieillards et de personnes présentant des troubles psychiatriques, choix lié à la dépression nerveuse dont est victime son frère ainé Arthur. On imagine Coyne marqué par les thèses de Ronald Laing , l'antipsychiatrie , le cinéma naissant de Ken Loach.

En 1969, il descend à Londres, poursuivant la même activité dans le quartier populaire de Camden, s'occupant des alcooliques et des marginaux désaxés.

Parrallèlement, il fait ses débuts de chanteur dans Siren, un groupe issu du circuit underground londonien repéré par John Peel. Passionné de rock'n roll dans sa jeunesse, Coyne se tourne ensuite vers le blues d'Elmore James et de Muddy Waters.

Mais faute de succès et surtout d'argent, il doit splitter le groupe et reprendre son travail, il parvient cependant à enregistrer un album seul avec sa guitare, le sensationnel Case History (1972 ) où il raconte les personnages qu'il a côtoyés , adoptant leurs voix et leur langage.

Dans Marjory Razor Blade (1973 ) un double album publié par Virgin, il réinvente une sorte de blues rural, croisement entre Robert Johnson et Captain Beefheart qui impressionnera durablement le chanteur Arno fan de la première heure.

Sa voix un peu nasillarde et poignante, d'une nervosité insensée n'appartient à personne , elle est unique comme peut l'être celle de son ami Robert Wyatt. Unique également " House on The Hill" terrifiante complainte , fondé sur son expèrience de la folie. 

Après Blame It On The Night (1974 ) , il tourne avec un groupe dont font partie Andy Summers et le clavièriste Zoot Money. En 1977 sort le double live In Living Black And White , un des meilleurs albums en public de tout les temps.

Cité par Johnny Rotten et Peter Hamill comme une influence majeure, il enregistre en 1978 Dynamite Daze dans lequel il rend hommage au mouvement punk, puis le très bon Millionaires and Teddy Bears (1979) , ou il fustige l'hypocrisie du show business.

 a suivre .....

Commentaires

Je suis de la vieille génération mais j'aime tours qu'on parle de Kevin. Je veux juste redire l'affection que je porte à "Blame it on the night". Ce disque (comme le sublimement tragique "Time fades away" de Neil Young) a été référencé en CD mais jamais publié. La différence est que, dans un cas (Neil Young), c'est l'artiste qui s'est opposé à la publication (ce que je regrette profondément), alors que, dans l'autre(Kevin Coyne), le chanteur lui-même a toujours regretté cette non-édition...

Écrit par : Quiet Man - | 14/04/2006

Je cherche un bassiste pour mon groupe...

Écrit par : sam le pirate | 14/04/2006

Time Fades Away est facilement trouvable en bootleg ou télècharchable sur le Net en attendant le projet "Archives" véritable serpent de mer ..... idem pour Blame it on The Night ....

Écrit par : Alain | 14/04/2006

Coyne... le plus beau concert de tous, en Avignon avec Zoot Money. 79, 80 ? "The house upon the hill", lui face au public - un type pas très grand, pas très beau, pas très connu du tout, pas très dans les normes de la bienséance ou même de la normalité - pas très mais tellement traits, quel visage, quelle émotion, quelle vie dans cette voix acide. Je connaissais déjà Wyatt bien sûr, tombé dans Rock Bottom quelques années auparavant, vraiment tombé. En 1979 (80 ?) quand Coyne est apparu devant moi avec son pianiste vieilli, je n'imaginais pas que le grand Robert avait travaillé avec lui. Des musiques différentes mais la même profondeur, il est des jours où la dissonance prend sens, devient essence. Le "beau" n'est pas racontable, pas explicable, pas définissable. C'est peut-être mon message aux "jeunes générations" : gardez votre capacité à être surpris et sortir du goudron pour marcher dans l'ailleurs. Entrevoir ce qu'on croyait invisible et les yeux s'ouvrent grand. Putain que l'écarquillement est bon ! Merci Kevin Coyne.

Marc

Écrit par : marc | 14/04/2006

Merci Marc

Écrit par : Alain | 15/04/2006

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