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27/07/2006

Semblant Cassé

Sans toi je ferai sang/

Blanc comme un nuage

Sage comme une image

Je ferai  sans blanc .

Semblant dans le texte

Assoup(l) i par les calmants

Tout me deviendra prètexte

A raccrocher l'élégant.

Je prendrai mon mal en grippe

Puisque revenu de toux

Au télèphone je m'aggrippe

J'entends déjà " Allo c'est Lou "

A contre jour, à contre coeur

Je ferai juste semblant

Içi sans toi tout m'est court.

 

Se Sortir Du Trou : L'Enfant

Film inspiré par la vision d'une jeune femme errante poussant un landeau dans lequel dort un bébé, déchirant road movie, portrait à la pointe sèche de deux anges sauvages immatures, consumés par une passion amoureuse, hébétés d'animalité enfantine.

Bruno, chien fou, sans père ni repères, vierge de toute responsabilité, obnubilé par l'argent et préoccupé uniquement de petits trafics.

Sonia, fille mère, soeur en douleurs de Rosetta , autre personnage inoubliable des frères Dardenne.

Ces deux là ne sont les enfants de personne: parents absents, enfance obérée, c'est le goût du jeu qui les unit, l'ivresse de la chasse au trèsor.

Tous deux èrigent en principe le refus du temps mort, voués à l'urgence ( le temps c'est de l'argent ) à l'image de ce film exemplaire qui refuse toute psychologie compassionnelle.

Explorateurs des douleurs et du dèsir de vivre, artisans d'une histoire qui serre la gorge, car on sait bien, au fond, que ce n'est déjà plus du cinèma, les Dardenne nous assènent une odyssée paternelle qui prend les allures d'un chemin de croix.

Calvaire ou à chaque station (comme les stations du tram qu'il emprunte inlassablement) Bruno se dèpouillera de ses résistances et de son refus obstiné de l'age adulte, pour finir par comprendre qu'assumer son role de père, c'est arrêter de jouer à l'enfant ( cet être qui consomme et ne produit pas ) c'est intérioriser son euthanasie sociale.

Western urbain qui happe et prend aux tripes, l'enfant, sublimé par Jérémie Renier et Deborah François, nous enseigne avec une rare subtilité ce que signifie être humain aujourd'hui et nous pose droit dans les yeux cette question insoutenable de lucidité " comment un être accède t'il à sa propre humanité ?"

Ps) Merci pour le film Marie.

24/07/2006

Street Hassle : tout se perd

En 1978 Lou Reed est à son zenith, c'est à dire au fond du trou, camé jusqu'à la moelle et dans un état de rage indescriptible, vomissant ses paroles les plus cyniques mais aussi les plus terrifiantes.

Ce disque, plein de stupre, de foutre et de fix c'est son Tonight's The Night , son Music For A New Society, le vieux Lou y chante faux entre la transe et le collapsus: choeurs désynchronisés, guitares sursaturées potard à 11, il éructe et marmonne comme un vieux pochetron , braille qu'il veut etre noir pour avoir une grosse queue, un harem de putes sexy et se faire descendre comme Martin Luther King ( et franchement qui oserait sortir çà  today ..... Jamel ???? )

Alors oubliez le rock,n'roll animal mité et son train fantôme pour bobos en mal de sensations , le Lou arty et son gros cul de juif casher, sa morgue d'empereur romain et sa lègion d'honneur, le vrai il est là, tapi dans l'ombre de ses sillons foutraques, seminal comme un crachat de sperme dans l'oeil d'une pute. Il balaye d'un regard las derrières ses wayfarers la scène punk morte née . En celà Lou est grand.

Esprit Es Tu Las ? Fantômes de Toby Litt

Fantômes est un poignant roman d'autofiction qui chuchote toute la difficulté ( l'impossibilité ? ) de faire le deuil de ce qui n'a pas vécu.

Récit d'une hantise, suivi d'un long travail d'acceptation, c'est aussi et surtout une tentative de fixer l'indicible , les sensations ténues , les voix intèrieures qui peuvent conduire aux limites de la folie.

C'est tout le talent de Toby Litt d'avoir ouvert une fenêtre sur la vie, alors que le poison mortifère coulait dans ses veines. 

20/07/2006

Till Death Do Us Part: Les Berkman Se Sèparent

Troisième film de Noah Baumbach ( mais ou sont passés les deux autres ! ) connu pour être le co-scènariste de Wes " Tannenbaum" Anderson, cette autopsie d'un divorce est servie amère par un casting impeccable et narrée avec une finesse qui laisse pantois.

Essentiellement d'ailleurs due au fait que les personnages, loin de toute sophistication, soient fait de chair de sang et de sperme, agités par des fluides corporels et des humeurs, constitutifs de la vie même.

En tête de gondole ( car on se gondole beaucoup , il faut le dire ! ) un Jeff Daniels inoubliable en figure paternelle, écrivain sur le retour , intellectuel pontifiant , parfaitement condescendant.

Mention spèciale également à Owen Kline ( le fils de Kevin ) incroyablement émouvant en petit sauvageon pubère déroutant  qui sème autant son sperme que sa merde et à William Baldwin en sèducteur looser touchant de maladresse.

Baumbach excelle dans le refus du gag pour le gag , il diffuse en sourdine une petite mélodie douce-amère, nous incite à la compassion pour des personnages a priori imbuvables et égotistes.

Il égrène un chapelet de courtes séquences, des bouffées de quotidien qui composent une mosaique d'une singulière justesse, diffusant un léger malaise aussi subtil que poignant.

La grande leçon du film c'est que l'amère alchimie du divorce secrète le poison des dommages collatèraux et coupe les enfants en deux.

Il y a donc un peu de masochisme à  se délecter des détails crapoteux de la décomposition d'une famille mais tout amer qu'il soit le film ne laisse aucun arrière gout déplaisant, car l'honnéteté du cinèaste et l'adhésion sans faille des comèdiens à son propos forcent le respect.

A signaler l'excellence de la bande son qui alterne Bert Jansch et Lou Reed, Pink Floyd et Loundon Wainwright.

 

Pour Swamp et Mil

18/07/2006

De La Fuite Dans Les Idées : Crimes Et Délits /Woody Allen

Revoir Crimes et Délits à la lumière de Matchpoint, comme l'autre versant d'une méditation dostoievskienne sur l'impunité, en beaucoup plus noir et plus désenchanté.

Un riche ophtalmologue cherche à se débarasser d'une maitresse par trop encombrante. Dans le même temps, un petit cinéaste intègre et raté se fait voler sa compagne par un cèlèbre et vulgaire producteur.

Allen pose encore une fois la question du regard : celui du cinéma face a celui de la loi divine.

Ce film impitoyable et cruel nous assène que la vie est profondèment injuste, que la vertu est souvent punie et le vice récompensé ; que les "bad guys" sont épargnés tandis que le sort s'acharne sur les innocents.

L'amour est bafoué, assassiné, ou encore littéralement couvert de merde. La foi en l'expiation et en l'existence d'une justice immanente n'est qu'une illusion : non seulement le commanditaire d'un meurtre odieux ne sera pas inquiété, mais ses remords ne subsisteront que tant que durera sa crainte d'être découvert, pour mieux s'évanouir dès qu'il sera convaincu d'échapper aux soupçons de la police.

Décidément  Dieu est en dérangement, ou comme pourrait le dire Woody lui même " l'existence de l'homme est une preuve de la non existence de Dieu "

11/07/2006

Loudini et Frègolou

Si je vous intrigue ou dépasse

Comme du sable qu'on tamise

En un savant tour de passe passe

Ou la tristesse n'est plus de mise

A vos yeux je disparaitrai

Débarassé des influences

Vous laissant mon ombre portée

Pour mieux briller par mon absence.

Extrait de vous, et concentré

Sans un regard et sans maudire

A ta recherche ma fille j'irai

Et tu me suivras sans mot dire.

Tel le Grand Meaulnes d'Alain Fournier

Enveloppée dans mon manteau

Toi, mon secret le mieux gardé

Je te garderai bien au chaud

Et ceux qui nous verront ensemble

Ne pourront plus que s'étonner

C'est troublant comme elle lui ressemble.

Il n'en avait jamais parlé.

09/07/2006

Entre Lou et Chien

J'ai jeté les voiles comme on prend le deuil

En faisant le singe pour donner le cha(n) ge

Emballé ta toile dans un gai linceul

Payé ma douleur en monnaie de sage.

 

Si tout m'essoufle, si tout m'épuise

Que chaque pas marque le calvaire

De ton départ, sache que je puise

Mes lignes de fuite dans tes yeux verts.

 

Et de filigrane en migraine, je ne suis plus que retenue

J'évite tout, puis je m'éclipse

Sans toi  ma fille vivre me tue

Mais rassure toi , c'est une ellipse.

 


06/07/2006

Learn To Smile Again. Tu parles !!!! Susie Arioli Band

Quatrième album d'une excellente formation montrèalaise et hommage au légendaire chanteur Roger Miller ce joyau est serti d'un écrin de luxe, une reprise à tomber raide du standard de jazz By Myself.

D'un quiètude aussi incongrue que rafraichissante, la voix bluesy de Susie sublime des mélodies intemporelles parlant de voyages et de solitude et c'est aussi poignant que du Chet Baker.

Album modeste et sans coup d'éclat qui invente un nouveau concept: la country jazz tamisée (et t'as gagné).

C'est capiteux, je capitule.

Learn to smile again: Susie Arioli Band featuring Jordan Officer.

04/07/2006

Josh Rouse : Nashville

C'est à croire que ce prodigieux songwriter,  tel un Obelix poppy, ne soit tombé tête la première dans la marmite du secret des tubes des années 70.

Entre soul, pop, folk et country ce cinquième album dèroule un groove tranquille mais infectieux et enfile à la cool des perles, classiques instantanés, entre Neil Young et Lambchop avec un détour tranquille par les Beach Boys.

Cette pop pastorale procure le même effet lénifiant  qu'une sieste dans un vieux rockin chair, affalé sous le porche d'une maison de bois, un verre de Southern Comfort à portée de main.

Et Josh , femmelette chez les rednecks, chien de paille au beau milieu des poutres apparentes, petit mec qui s'endort avec la télévision allumée pour se sentir moins seul, vient de gravir sans effort le piédestal ou siègeait l'indétronable Ron Sexmith.

Etonnant et rayonnant, d'une élégante mélancolie fleur bleue, intemporel autant que désarmant ce CD lacrymal vous laissera Ros(h) e de confusion.

Pour Swamp

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