« 2006-09 | Page d'accueil | 2006-11 »

29/10/2006

Ca vous Zen, moi pas..... Printemps, été , automne

Un moine et un moinillon vivent coupés du monde dans un monastère flottant au milieu d'un lac isolé bordé d'arbres et de montagnes escarpées.

Jusqu'au jour où ils recoivent deux visiteuses.....

Méditation sur le cycle de la vie au travers de cinq tableaux auxquels font écho le cycle des passions, chaque saison étant une leçon sur la vie.

Le printemps s'ouvre sur l'enfance innocente qui par ignorance succombe a la cruauté gratuite.

L'été marque la visite d'une jeune fille nèvrotique en quête de guèrison et la naissance du dèsir, dèsir qui se muera en soif de possession et provoquera la séparation , puis le meurtre, et l'irruption de la société contemporaine.

Avec élégance le bruit et la fureur du film restent hors champ. Cris, coups, ne nous sont que suggérés, de même que la sensualité exacerbée du réalisateur.

Dépasser les traumatismes des blessures de l'âme pour atteindre la sérénité, abandonner les oripeaux de la vie sociale et accepter le réel dans ce qu'il peut aussi avoir de plus cruel, telles sont les leçons de cette fable expiatoire dont on sort dénoué, apaisé et heureux , n'en dèplaise à Renaud que j'emmerde au passage.

23/10/2006

Happiness (is a warm cum) de Todd Solondz

Face aux névroses de l'Amérique Todd Solondz plante le scalpel dans les plaies. Happiness, tu parles ! Une femme obèse raconte en s'empiffrant de glace à la fraise, comment elle a découpé son violeur en morceau.

Son voisin téléopèrateur frustré ( magistral Philippe Seymour Hoffman ) se masturbe en donnant des coups de téléphone obscènes aussi hilarants qu'inquiétants.

Un père de famille viole les camarades de classe de son fils après les avoir droguéset va le border dans son lit.

La liste est loin d'être exhaustive et le jeu de massacre pourrait continuer ad libitum. Mais Solondz en fin moraliste s'ingénie à brouiller les pistes et le film pourrait se dècliner tout autrement.

La grosse femme n'aime pas le sexe, elle demande juste un peu d'affection.

Le père de famille essaye tant qu'il peut d'avoir une bonne relation avec son fils et ce sera lui le premier à qui il confessera les viols qu'il à commis.

Solondz n'est pas cynique, il ne s'acharne jamais sur ses personnages mais pointe la misère sexuelle, l'incapacité à communiquer et la dimension tragiquement anxiogène de la notion de famille.

Comme c'est un cinéaste subtil il donne à ce constat une forme légère, ponctuée d'un humour aussi décalé que poignant.

Jusqu'à la jouissance finale, libératrice, mais sitôt effacée et qui laisse pantois.

20/10/2006

Jules Fox Says

" Combien ont songé au suicide et se sont contentés de dèchirer leur photo ?"

19/10/2006

Ego Trip

"Ce n'est pas moi qui suis brillant, juste les autres qui sont stupides"

17/10/2006

Envie d' trainer avec toi : Reasons to Hang Around by Minor Majority

Album magique d'un groupe de norvègiens que l'on jurerait déboulé de californie au volant de leur s.u.v de" beauf.

Nourris autant de Nick Drake que des Tindersticks ils sécrètent une musique qui s'installe en douce, prête a devenir la compagne d'une vie, mais garde des pudeurs de jeune fille.

On peut le dire sans crainte, rarement la mélancolie n'avait été aussi génèreuse que sur ces chansons de désillusion et d'amertume,  chronique d'un monde qui se dèlite et court à sa perte, comme un morceau de banquise qui se dètache. Génèreuses mélodies , c'est sur.... mais qui ne savent pas encore aller jusqu'au bout.

Si le disque sèduit d'emblée, il lui reste quelques trace d'affèterie, un lègère tendance à la Knoflèrisation dans les solis, qui agace un peu les dents.

Cordes de soie, duos lacrymaux, percussions minimalistes à la caresse suave, basse d'une rare discrètion, tout incite à la luxure mais tout cependant reste retenu, dans une valse hésitation, comme si arrivée au bord de la chambre, la jeune fille avait soudain des pudeurs de douairière.

On voit les bretelles du soutien gorge mais on n'est pas prêt de le dégrafer.

Dans la lumière rasante d'un soir d'automne, ce quintet à la délicatesse feutrée comme un tapis de neige épaisse laisse la même impression qu'un baiser sur la joue. Ouaté, lèger, mais manquant un peu d'audace.

On a hâte qu'ils mettent la langue.

16/10/2006

Expresso

Les jours d'écume

Je Vian du vent

Et je m'enrhume

Les sentiments

Les jours de Scott

Je Fitzgerald

Et voit ma côte

Rester en rade

Les jours D'Holden

J'attrape ton coeur

Mais la migraine

Egrène les heures

Les jours Guillaume

Appolinaire

Je reste at home

Je soigne mes nerfs.

11/10/2006

De Qui Smoke t'on ? Thank You For Smoking

Rèpliques qui tuent et sèquences hilarantes ( après tout c'est bien le moins pour une comédie concoctée par les meilleures scènaristes U.S ) servie par une brochette de comèdiens cultissimes ( Robert Duvall , Rob Lowe ) .

Mais attention y'a un loup ! Car sous les apparences d'une satire parfaitement bien ficelée se dissimule une idéologie douteuse qui sacrifie au cynisme ambiant et véhicule un message craignos: celui de la satisfaction immèdiate de nos besoins économiques et affectifs.

En épousant la posture du petit malin faussement provocateur (parfait salopard mais si bon père de famille ) Jason Reitman complait a un public qui se voit ainsi justifié dans son arrivisme triomphant.

Et là on ne rit vraiment plus du tout ......

09/10/2006

Fuyons , veux tu ?

Comme une poignée de terre a terre / qu'on jettera sur mon cerceuil

Laissez moi donc faire l'inventaire/ suivi du deuil

De mes espoirs de rédemption/ qui me prèsente l'addition

Se verra cracher à la gueule ......

Zero d'conduite, j'ai pas l'permis/ je prends la fuite devant la vie...

Flou l'identité, flou les liens/ J'ai déserté , ça fait du bien

Face au peloton d'éxècution des tâches/ J'me tire à leur vue, je fais relache.

Mon dieu , comme ils sont lourds , me semblent laids/

Ceux que la vie à bien armé

Pour l'ouverture de la chasse d'eau.

Parlant de tout, sans avoir rien à dire/ comptant leur sous, allant d'mal en vampire

Inlassablement creusant le sillon/ de leurs dernières concessions

Petit couple pavillonnaire qui choisit les options dernières

Payables sans tempèrament / ou les caniches montrent les dents.

J'ai déjà filé, quitté la course avant le départ, loin du podium

Préféré la vie à la bourse/ les fleurs sauvages aux gèraniums.

Comme le forçat qui s'évade, j'me fais la belle sans mascarade

Et sans capote/ je prends le chemin

En sens inverse / agile , mais sans laisser d'adresse. 

01/10/2006

Soleil Noir

Mélopées poignantes  d'une douceur étranglée, intimes confessions flottant sur un tapis de cordes et de cuivres.

On jurerait parfois entendre le Tim Buckley de Greetings From L.A , l'album du fond du trou.

Soundcheck parfait pour cet automne un peu mortifère, d'une honnèteté brutale, qui brise le coeur et hante l'esprit.

 

Ray Lamontagne : Till The Sun Turns Black

Toutes les notes