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23/09/2007
Frères Humains Qui Après Nous Vivez : La Question Humaine
Cet objet filmique inclassable avance implacablement, dèvorant tout sur son passage pour mieux le régurgiter, c'est un cauchemar éveillé, un transit tranchant aux coeurs des zones de non droit, qui oppose comme sur un ring l'ambiance feutrée mais délètère de l'entreprise au monde passionnel ( d'un conformisme étroit et d'une animalité viscèrale ) de la nuit, pour mieux les renvoyer dos à dos.
En effet , qu'est ce qui est singulier quand tout est partagé ?
Tout se (dé ) joue et se dèlite dès les premières secondes de ce film cannibale, sous la neige carbonique d'un brasier glacé: Almaric ( incandescent et fragile comme un filament menacé de survoltage) nouveau kapo de l'armée des ombres du libèralisme ( veste noire, chemise blanche ) se disloque comme s'il portait sur son dos le cadavre des utopies.
Cadavre encombrant dont la décomposition s'exhale en un terreau fertile, mélange de rage froide et d'éthique irrèprochable dans son exigence de chaque instant ( et ne serait ce qu'à ce titre le film force le respect ) , où le moindre plan, le plus infime déplacement intime à la réflexion. Ce film là ne prend pas ses spectateurs pour des cons ( on n'est pas à Pirates des Caraibes ) et c'est déjà beaucoup.
Réflexion primordiale et citoyenne ( osons le terme ) sur le fait que travailler en entreprise aujourdh'ui nous ENGAGE, nous transforme , nous ècartèle entre animal docile ( chien qui aboie ne mord pas ) écrasé par la loi du profit et RESISTANT qui s'obstine à penser, à analyser, à plier sous le joug sans jamais rompre....
Rèpètons le : ce film têtu, d'une ambition folle, dont la morgue bravache à pour seul objet de montrer l'infilmable passionne autant qu'il irrite : infilmable en effet le langage et son étude en tant que puissante arme idéologique et siège suprême du pouvoir, dans lequel l'humain se voit rèduit à une "unité ", une "pièce"
Ce travail de sape des mots savamment choisis qui attènuent l'expression d ela réalité ( sèlectionner, éliminer, positiver) et permettent de supporter la violence extrême des rapports humains, cette phraséologie déshumanisante qui permet de traiter l'individu comme une simple unité de production, valide où non, glace d'effroi.
Passant d'une rave party hallucinatoire ( sur fond de Sènèque déclamé en rap, comme une collision entre deux barbaries renvoyées dos à dos ), vèritable traversée du Styx, au huis clos homéostatique des bureaux directoriaux, l'attention au corps ( regards, respirations, voix) indociles où soumis, tendus de dèsir ou rompus de fatigue , est fascinante.
Gèomètrie au cordeau, lumière étudiée, déstructuration des plages sonores, interprètation sidèrante ( Lonsdale plus Wellsien que jamais et un J.P Kalfon tranchant comme un rasoir ( qui à du jubiler du rôle ) sont les atouts majeurs de ce film âpre , qui peut parfois agacer autant par ses manièrismes que ses partis pris rèducteurs ( quoi qu'on en dise l'entreprise n'est pas la shoah ... ) mais qui tendu par un foi indéfectible dans l'art et dans l'homme , conçus comme forces de rèsistance à la machine , reste un grand film qui rèussit ce tour de force : donner de la chair à une rèflexion intellectuelle .
09:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature.




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