« 2007-10 | Page d'accueil
| 2007-12 »
28/11/2007
Ma Béné/Addiction
A ton cou me pendre
Tes seins pour gibet
Pour mieux me déprendre
De ma destinée.
Qu'un parfum d'amandes
A l'heure des complies
Sur moi se répande
Amenant l'oubli.
Et qu'enfin sur l'onde
Mon corps déposé
Serve les offrandes
Au mal d'exister.
22:25 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
26/11/2007
Trèsors Cachés : Kip Hanrahan
Compositeur, chef d'orchestre, " facilitateur ", parolier, cinéaste et musicien, cet introverti qui quitte rarement son Bronx natal depuis plus de 30 ans a réussi la plus étonnante, la plus sensuelle et la plus luxuriante combinaison texte musique qui soit.
Fondateur du label American Clave ( pas très bien distribué hélas ) chacun de se disques est une performance extraordinaire - des fils des Caraibes aux percussions, des Afro américains en solistes invités , des égéries du rock ( Sting, Jack Bruce , Wyatt) y croisent et entremèlent leur talent.
On y rencontre Marguerite Duras, Ismael Reed , les Mille et une nuits, et curieusement ce qui pourrait sembler un gloubi boulga indigeste se rèvéle un mets royal.
Kip Hanrahan est un secret bien gardé, il vous faudra faire un effort pour trouver ses disques , mais croyez moi vous en serez alors récompensé au delà de toute espérance ....
06:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
22/11/2007
Souviens Toi De M'Oublier : Les Oubliées
Différente, déroutante, cette quête initiatique d'un homme malade, au bord du gouffre, victime de troubles de la mèmoire et hanté par la disparition de six jeunes filles est comme une pierre jetée à la face du spectateur incrédule.
Fimée à travers des vitres, à l'épaule et comme lessivée par une caméra qui s'adapte au réel et non l'inverse, cette histoire d'obsession nèvrotique taraude comme une rage de dents tenace.
Le travail sur les éclairages, aux noirs intenses et aux couleurs dénaturées, tout comme les décors alternant la métropole Lilloise et les paysages tourmentées de la côte d'Opale sont étonnants de réalisme poètique.
Jacques Gamblin, minéral à force d'ironie désabusée, mais pétri d'humanité, crêve l'écran, offrant ses insomnies et son désespoir lucide aux repos des disparues.
Ambitieuse et ambigue, avec quelques accents Lynchiens, pince sans rire , érotique, âpre et troublante, cette série intriguante devrait être diffusée sur FR3 en Janvier 2008.
22:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
19/11/2007
Les Promesses De L'Ombre/ Stay In The Shade
Au delà d'un pur film de gangsters dégraissé de toute pitié et comme zébré d'incandescences stylistiques inouies ( dont une bagarre de haute volée (! ), Cronenberg, fine mouche, construit un second film à l'intèrieur du premier ( sur le principe des poupées russes) où plutôt utilise la chair du premier pour mieux autopsier le cadavre de notre monde pourissant.
Marchandisation des biens et des corps, ultralibèralisme globalisé et triomphant, zone de non-droits, économie parallèle; fragments de familles détruites ou non advenues et raccommodées à vif, échos de la Bible ( j'ai souvent pensé à la chanson de Dylan , Highway 61) sont autant d'arachnéens fils d'Ariane qui (dé) composent cette toile.
Sombre histoire de passation et de transmission entre verbe et chair, traversé par des forces sauvages de transmutation, d'inversion, voire de sabotage volontaire des stéréotypes universels, ce film mutantateur fascine et répulse presque de bout en bout, hormis une fin un peu expédiée.
Mais la force implacable de ce film morveux et rêche c'est qu'il rompt complètement avec le consensus en vigueur et stigmatise la famille comme vecteur absolu du Mal, montre qu'il peut y avoir de la noblesse dans l'abjection et du plaisir dans l'effroi, souligne que le corps est à la fois un organisme et une machine qui se modifie en fonction des désirs et des ambitions qui l'animent.
Tout les pervers polymorphes, les nostalgiques de la boue, se vautreront avec délices dans cette soue délicieuse.
19:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
16/11/2007
Mood Swings
Les sornettes des serpents en démis/ tintent
Et les couleuvres en dénis fintent.
Trop de lézards à partager
De reptations à assumer.
Je pars en trombe et en thrombose
Pour ne pas barrer en tombe.
Je te laisse tomber des nues un moment
Tomber sur un os.
Qui se ronge
De boire le bouillon.
Je (sup ) plie mais ne dos romps pas.
Comme une crevasse dont tes mains refermeraient la plaie
Comme on referme silencieusement l'aorte
En la bourrant de nuages
En lui bourrant la moue.
Au pas sage.
Trouve moi un anti- septique
Un pansement Roméo statique
Je reste ouvert comme l' Arabe du coin
Qui fait crèdit aux faux tèmoins.
Qui fait crèdit à tout'lmonde.
Et je t'embrase
Par mon absence
Par ma béance
Par mon silence.
Et mon envie
10:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
15/11/2007
La Femme De Ma Vie
A quoi reconnaît- on la femme de sa vie ?
C'est toujours celle qui dépose des fleurs sur votre tombe .....
12:21 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
14/11/2007
Dans La Peau De Bob Dylan
Solitude intérieure, inexorable sentiment de perte, de dévastation et de corrosion, problèmes d'incommunicabilité, difficulté et souffrance d'appartenir malgré soi au terrible moule social, failles qui craquèlent sous la placidité ambiante, foideur et cynisme qui masquent la détresse, tels sont mes fardeaux, tout comme vous.
J'attends "Im Not There" comme un sauvetage improbable, une rencontre entre deux singularités qui ne veulent appartenir à personne.
Dylan est un vacillement dépassé par les incarnations qu'il s'invente. Comme moi, mon amour, comme nous.
10:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature.
11/11/2007
En Novembre J' écoute, Je Lis , Je vois
J'écoute : Alela Diane : The Pirate's Gospel . Comme les indiens je crois à la transmutation des âmes, celle de Karen Dalton est passée dans le corps d'Alela.
Neil Young : Chrome Dreams . Le Loner souffre un peu d'incontinence sur ce coup là........ Et Time Fades Away qui prend la poussière .
Jean Louis Murat : Charles Et Léo/ les Fleurs Du Mal . A la version un peu trop empesée du CD, privilègiez celle du Dvd ou Jean Louis débarassé de ses fanfreluches arty s'abandonne et fait le Pan pour sèduire Morgane.
Moriarty ." Gee Whiz But This Is A Lonesome Town" Quand Hulot emmène Billy The Kid en ballade.
Beirut . Gulag Orkestar. Poignant et beau comme du Radiohead qui aurait oublié la prétention.
Meshell Ndegeocello : The World Has Made Me The Man Of My Dreams. Meshell ferait passer Pastorious pour un manchot, c'est dire .....
Je Lis : Joan Didion : L'Année De La Pensée Magique: Sois sage oh ma douleur et tiens toi plus tranquille.
Je Vois: Breakfast at Tiffany's : Voir Audrey et mourir ....
16:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
Londres Ma Terre d' E (l) rection : Scoop De Woody Allen
Véritable déclaration d'humour à sa nouvelle muse, Scarlett Johansson, qui donne chair à une modernité érotique des plus revigorantes, Scoop est un cru Allenien attendrissant et loufoque qui permet à notre Woody chéri de reprendre son souffle après le magistral Match Point.
Film léger, élégant et désinvolte ou le plus jeune de nos ainés ose regarder la mort en farce, rendant hommage à ses maitres ( Hitch et Bergmann ) et filmant les seins trop lourds et le magnifique cul de Scarlett comme personne.
Un régal ....
16:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
10/11/2007
Un Manque Passe Et Perd
Il était las d'une fatigue sans objet, qui ne s'épuisait pas, quoiqu'il fasse. Alors, il marchait, longtemps, sans but, à la limite de l'épuisement et de l'hallucination, là ou le portaient ses pas, jusqu'à ce que les éléments et le paysage autour de lui se dissolvent peu à peu en une bouillie indistincte et tremblante, pour ne plus devenir qu'un écran terne sur lequel projeter ses souvenirs.
Il se laissait emporter par son histoire, semblable à ces vieux journaux, abandonnés sitôt lus, lacérés par le vent, emprisonnés dans les barbelés les soirs de tempête, ou négligemment déposés sur la banquette d'un train de banlieue.
D'aussi loin qu'il se souvienne les mots "Papa, Maman " étaient rarement sortis de sa bouche. On lui en interdisait l'usage, tout simplement.
Personne ne le tenait par la main sur le chemin de l'école, ni ne lui ébouriffait les cheveux. A la maison pas de dessins colorés et maladroits affichés au mur, pas plus que de photos d'un bambin léger jouant sous un oeil attendri.
Pas de Noels à fêter en famille, ni aucune fête d'ailleurs.
Pas d'encouragements et pas de punitions non plus.
Rien ne lui était refusé, mais rien ne lui était accordé.
Juste une succession de foyers, inconnus ou amis, de nuits tourmentées passées à dévorer les livres à la lumière d'une torche électrique ou de la réverbération d'un lampadaire, et à s'inventer des compagnons au coeur de papier qui jamais ne le blesseraient, ni ne saigneraient sur lui.
Et soudain , l'urgence et le danger, qui le jetaient en catastrophe chez les premiers voisins venus, poursuivi par les cris, les injures, et les coups qui pleuvaient sitôt la porte refermée....
Les corps aimés de ses parents qui se tordaient et se déchiraient, s'étreignant en une danse macabre ou l'éventualité de la fin, convoquée, puis repoussée, ajoutée aux mots crus, orduriers, et aux humiliations forcées ou consenties, sous la bouche noire et avide du revolver, ajoutaiit une dimension érotique, ordonnant un ballet de mort et de sexe ahurissant et fascinant pour un enfant trop vite grandi.
Il avait été éclaboussé du sang versé de ses parents et depuis tout le touchait.
Sa vie passée brûlait encore en lui comme un mauvais feu de broussaille à l'odeur âcre qui fait monter aux yeux et à la gorge comme un sentiment amer de dégoût et de malédiction.
Il errait désormais dans un monde intérieur dévasté d'où toute grâce et rédemption lui semblaient exclues à jamais.
Lui que les livres avaient sauvés, qui écrivait autrefois d'une plume souple et nerveuse, ramassée sur elle même , sensuelle comme un félin prêt à bondir, abandonnait les mots tant chéris.
Il les voyait sortir de sa tête et tomber à ses pieds, éclaboussant la page par hasard.
Ce n'était plus son style qui débordait d'émotion, c'était l'écriture elle -même, blessée, convulsée, mourante.
On aurait dit que chaque phrase essayait en vain de rester avec lui un peu plus longtemps, lui chuchotant tendrement " Je t'en prie, ne m'abandonne pas, reste encore un peu avec moi"
Cet exercice le laissait sans force, vaguement brisé.
Parfois , dans un sursaut, il câlinait si gentiment ses émotions anciennes qu'elles se souvenaient de ce qu'elles avaient ressenties avec lui, comment elles s'étaient abandonnées et laisser mener jusqu'à la jouissance.
Mais à vrai dire, elles avaient surtout pitié de sa souffrance, indicible souffrance, et lui offraient en retour un abri qu'il avait peine à refuser.
Ses mots, sobres et choisis, devenaient de plus en plus intimes, ressemblant à quelqu'un assis en face de vous, concentré sur ce qui est en train de se dire, attendant sans hâte et avec respect son tour de parler, mais la nature profonde de cette intimité, son essence même, n'était plus que douleur pure.
Il aurait tant voulu n'être plus qu'une vague forme, mi- animale, mi-humaine, qui grogne, réclame de la nourriture et de l'attention, un de ces chiens crottés qui glisse sa truffe moite sous votre bras et vous force à la caresse, ou une silhouette inconnue dans un bar de nuit qui humilie sa bouche et son sexe à une fille exsangue et trop fardée, et vide tous les verres, jusqu'à tomber , de grâce en graisse.
Une caresse, ou une émotion simple , vraie et nue, aurait pu le tuer.
Chez le coiffeur, le contact intime , fugace et souple des doigts sur sa nuque le bouleversait, un regard un peu appuyé dans la rue ou le métro faisaient soourdre en lui un torrent de larmes sèches, jamais versées.
Pour s'en défendre, il fermait souvent les yeux, faisait le malin, ou fixait une ligne imaginaire, derrière ses lunettes sales.
Dans une autre vie, lointaine et éthérée, il avait aimé, était aimé en retour, il gardait au coeur l'empreinte de corps roulés dans l'herbe fraîche, de soirs d'été sous la lune pleine comme une assiette, et de robe légère, la sensation tactile d'un petit sein granuleux contre sa peau nue, comme un membre fantôme, d'une cigarette partagée dans la pénombre, de pieds froids gentiment réchauffés sous son pull.
Mais la persistance de cette vision était par trop éphémère, telle une flamme qui vacille, s'il voulait l'entretenir et se caresser pour trouver le sommeil d'une pierre, ne restaient plus sous sa pupille, au bout d'un instant, qu'un amas de corps sans visage, désincarnés et vaguement ridicules.
Le matin féroce le trouvait, roulé en boule sous les draps trempés de sueur, yeux grands ouverts, corps froissé auprès du lit, prêt à sauter en marche dans une autre journée tranchante comme un hâchoir à viande.
Il était, à force d'abnégation et de tristesse silencieuse, devenu malgré lui qui aimait tant la vie, cette âme meurtrie mais fière de sa solitude, un livre au fond de la poche, qui n'attend rien ni personne, libre, sauvage, et inconsolé.
12:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature



