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31/12/2007
Je Me Souviens, Je Me Rappelle 2007
Endormi employé en 2006, je me réveille cadre en 2007. Plongé sans bouée dans les eaux glacées du libéralisme le plus carnassier, je coule à pic......
Je refais surface six mois plus tard, je me touche, couvert de bleus, je suis toujours vivant, blessé,saignant, oui, mais vivant. On me conseille fermement d'être plus opportuniste, plus agressif, on me parle dans une langue qui m'est étrangère de " culture produits "
Je me souviens, je me rappelle.....
-D'une caricature gonflée de Luz qui cogne sur la chanson française et se paye Bashung et Christophe ( transformés en Obélix et Astérix ) et de mon rire malgré la dépression.
De Marina Hands pour qui je me ferai volontiers jardinier
De David Lynch qui réalise des chefs- d'oeuvre au cinéma et des navets dans la vie.
Du débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal et de mon envie de devenir Belge, deux fois ..
De Ludivine Sagnier et de son imper.
Du très décevant spécial sexe 2007 des Inrocks ( heureusement en Septembre ils se sont rattrapés avec Beth Ditto et ses capiteux capitons ( tonton tontaine )
De l'invisibilité de Patrick Modiano......
D'avoir pleuré en écoutant "Rio Baril" au casque dans un grand magasin culturel....
Je me souviens, je me rappelle......
Des apparitions/ disparitions, circonvolutions de Lucifer, de l'empathie de Miloose, du retour de Mister Swamp et de la disparition d'une lettrée voyageuse dont j'ai oublié le nom et le blog, ( Czar ? ) de Papito qui m'a poussé ( sans le savoir ) a réécrire, de tous les anonymes sans qui ce blog ne serait qu'une coquille vide, du parapluie bleu.
De Phil qui a rempli mes oreilles de merveilles ( tu as entendu la version de " You Got the Silver" ou c'est Mick qui chante à la place de Keith ? et la version à cappella de " With A Little Help From My Friends " ? )
De Bruxelles ville si chère à mon coeur et de Paris la Pute.
D'avoir réécouté Dylan en pensant à Marie, source intarissable de toutes les consolations, qui me prend tel que je suis, un enfant contraint et meurtri, avide de caresses et d 'indulgence.
D'avoir aussi pleuré en écoutant parler Bruno Bayon..
De Control, La Question Humaine et de I,m Not There.
De Michael Cashmore, D'Anthony reprenant Beyonce, des concerts à emporter de Chris Garneau et de Vic Chesnutt, des artistes comme ultime rempart contre toutes les agressions du monde.
Jusqu'à ce que je ne me souvienne finalement plus de rien......

15:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
29/12/2007
Empêtré jusqu'au tripes
Cette traduction de "Tangled Up in Blue" par Francois Bon est un magnifique tour de force ( et de faiblesse ) , je ne rèsiste pas au plaisir de la mettre sur mon blog.
Moi j’étais resté au lit

Est-ce qu’elle changerait je me demandais
Et si elle aurait encore les cheveux en rouge
Ses copains disaient que notre vie à deux
Sûr ça devait racler sur les bords
Les robes faites maison de Maman ça leur plaisait pas trop
Et le compte en banque de papa bien trop maigre sûr
Et j’étais là sur le bord de la route
La pluie tombant sur mes chaussures
Tout droit parti vers les côte Est
Oh sûr j’en ai bavé pour traverser tout ça
Empêtré jusqu’aux tripes
Elle était mariée quand je l’ai rencontrée
Elle serait bientôt divorcée
Je l’ai sorti de ses embrouilles je crois
Mais peut-être j’ai dû tirer un peu fort
On est parti en bagnole aussi loin qu’on a pu
On l’a abandonnée quelque part dans l’Ouest
On s’est séparés c’était une triste et sombre nuit
D’accord tous les deux que c’était mieux
Elle s’est retournée pour me regarder
Moi je partais de l’autre côté
Je l’ai entendue dire par-dessus mon épaule
On se retrouvera forcément en ville
Empêtré jusqu’aux tripes
J’avais un boulot dans les grandes forêts du Nord
J’étais là-bas cuistot un temps
Mais aimer ça non vraiment pas
Et un jour la hache est juste tombée
Je suis parti en dérive jusqu’en Nouvelle-Orléans
Là ils m’ont donné un emploi
Trimer sur un chalutier
Juste en sortant de Delacroix
Et tout ce temps moi j’étais tout seul
Le passé accroché aux épaules
Et des femmes j’en ai vu pas mal
Mais elle ne n’est jamais sortie de la tête et je suis resté
Empêtré jusqu’aux tripes
Elle travaillait dans un truc à seins nus
J’étais juste entré pour une bière
Je la voyais de côté je n’arrêtais pas de regarder
Dans les projos le profil clair
Bien plus tard et plus personne dans le bar
Moi j’allais faire pareil
Elle était là juste posée près de mon tabouret
Elle me dit : — Tu me diras pas ton nom ?
J’ai grogné quelque chose en soupirant
Elle étudiait on dirait à quoi je ressemblais
Je dois bien avouer que j’étais pas très à l’aise
Elle penchée sur moi à me relacer mes souliers
Empêtré jusqu’aux tripes
Elle a allumé un joint sur le gaz et m’a proposé une taffe
« T’as pas l’air du genre causeur » elle a dit
« T’as même vraiment l’air d’un silencieux »
Alors elle a ouvert un livre de poèmes
Et me l’a tendu
Des poèmes d’un poète italien
Du treizième siècle crois-tu
Et pas un des mots là-dedans qui sonnait faux
Ils brillaient comme une braise
Ça te coulait depuis les pages
On aurait dit ça écrit directement de mon âme juste de moi pour toi
Empêtré jusqu’aux tripes
J’habitais chez eux rue Montaigue
Un sous-sol en bas de l’escalier
Il y avait de la musiques dans les bars le soir
Un peu de révolution dans l’air
Alors il commença son trafic avec esclaves
Et quelque chose en lui était simplement mort
Il a fallu qu’elle vende tout ce qui était à elle
Et dedans plus rien que la banquise
Quand ils ont touché le fond finalement
Moi aussi j’ai été attrapé
La seule chose que j’avais à faire je savais
C’était de continuer comme un oiseau qui vole
Empêtré jusqu’aux tripes
Alors maintenant que je reviens une fois de plus
Il faut que je la retrouve d’une façon d’une autre
Tous ces gens qu’on voyait à l’époque
C’est juste une illusion pour moi maintenant
Certains font des maths
D’autres ont marié des charpentiers
Je ne sais même pas comment tout ça a commencé
Je ne sais même pas ce qu’ils font de leur vie
Mais moi je continue la route
Je trouverai bien un autre coin
On ressentait vraiment tout pareil
C’est juste qu’on le voyait de deux points de vue séparés
Empêtré jusqu’aux tripes
13:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
25/12/2007
Merci Santa
Et comme déposée dans mes petits souliers ( percés ) une version intersidèrante de " I can't escape from you" par nul autre que Bashung, cheveux de neige ( et que n'ai je .... ) un peu forci , nous la jouant plus Cash que Johnny.
Hors d'oeuvre (sic ! ) qui augure d'un album que l'on dit country et que je pressens contrit...
A suivre ......
19:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
24/12/2007
Taciturne, turn , turn : Le Pressentiment de J.P Darroussin
Charles Benesteau, avocat en rupture de ban, oisif héritier, somnambule éveillé, déclassé volontaire, choisit de se laisser lentement dériver jusqu'aux confins de la mort, instillée dans ses journées dégraissées de renonçant.
Irréductible abandonné de lui même, en quête d'une expiation sans faute, ce samaritain ordinaire, homme quelconque soudain lassé par la grisaille et la médiocrité qui l'entourent,régressif dépressif, atteint par la tumeur maligne de la mesquinerie, finira malgré lui par attirer la perplexité, puis la suspicion de ceux dont il ne voulait que le bien et pour qui l'aspiration à la pureté est vécu comme un péché d'orgueuil.
Mi fugue, mi raison, le pressentiment nous laisse entre deux eaux, happé par son élégance ouatée et sa mélancolie dffuse, et ému par sa franchise naive et sans compromis.
Et Darroussin il est bien ? il n'est pas très loin de Bill Murray , et croyez moi c'est un compliment !!!!
16:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
15/12/2007
Je vous en prie, ne me comprenez pas trop vite " I,m not there
........et d'abord affirmons le sans ambage, au risque de nous fâcher. I'm Not There ne doit pas s'interprèter, s'analyser, mais se RESSENTIR, c'est une toile animée où les codes cinématographiques ( champ contre champ, symbolique des couleurs, ombres portées ) encouragent à l'EPIPHANIE, pas au RAISONNEMENT. ( ce sont les choses creuses qui raisonnent le mieux , et pan ! )
Alors oui le film peut paraitre déceptif ( et quand bien même la vie ne l'est -elle pas , on ne lui demande pas pour autant d'en être remboursé ), victime de la radicalité de son idée, ressemblant parfois à un passage en revue, peu importe, cette passionnante reflexion sur la création et la folie qu'elle engendre, m'a émue aux larmes.
Cette fantasmagorie kaléidoscopique où chacun des personnages est un avatar COMPLETEMENT OUVERT SUR LA PROJECTION ne s'apprivoise que si on lui concède qu'une identité se recompose en permanence, entre masque et imaginaire, mise en scène salvatrice et réalité mortifère.
Ce principe élémentaire comme une particule laisse pourtant comme deux ronds de flanc les fumeux dylanologues en herbe(héhé ), qui leur missel tarantulesque sous le bras crient à la trahison. QU'ILS AILLENT TOUS SE FAIRE VOIR AILLEURS....
Ecartelé entre la dialectique de l'exposition et du retrait, du spectacle et de l'intériorité, Dylan ( qui n'est jamais nommé ) y apparaît comme une pure puissance d'EXPRESSION, un marginal affranchi et invisible, qui vacille de la liberté à la marchandisation, séisme ambulant, n'est ni une oeuvre, ni une personne , mais un SIGNIFANT, qui prend toutes les formes qu'on lui prête , pour mieux s'échapper.
Il faudra donc pour franchir le Styx de ce film fleuve aux nombreux méandres que le s(p)ectateur admette une bonne fois pour toutes que le VRAI n'est qu'un moment du FAUX, que RIEN n'est jamais pure invention, mais que TOUT est mise en scène, c'est à ce prix, celui de l'absence cristallisée en mythe que cette proposition de film doit s'appréhender : comme un bouillonnement mental effréné qui condamne à une ABSOLUE SOLITUDE.
Si la potion peut sembler bien amère à certains, c'est pourtant le breuvage chamanique qui fait de la cheville de Charlotte ( sublime ) la clef d'un monde désirant , de la baleine un refuge intra-utérin, des Beatles des gosses malicieux qui se jouent du monde comme d'une farce, et où je pleure de bonheur .
17:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
09/12/2007
There I'm Not / Velvet Goldmine de Todd Haynes
Pelliculte arty farty que l'on quitte comme au sortir d'une gueule de bois vodka-qualludes où le glam est montré après la fête, le cul à l'air, post coitum, mais aussi INTIMEMENT admiré et exposé.
Film de chambre de garçon sensible , un peu chochotte, ambigu boutonneux au make -up trop chargé, qui restitue à merveille la fascination sexuée et bétassou que les teens entretiennent avec leurs icônes.
Images de conte de fées, version cosmètique et dandy ( warhol ) sous influence " phantom of the paradise " , où une espèce de mélancolie opiacée se conjugue à l'imparfait du subjectif et où superficiel et éphémère dominent la vie.
Film de faussaire, qui brouille l'écoute autant qu'il broute les c....., où Oscar Wilde déclare à ses maitres qu'il veut être une idole pop, où l'on met en scène son propre meurtre et où Dylan apparait ( sous forme de pochette de disque , dya remember mister JDM ?) et qui se termine sur une pirouette comme cette notule aigrelette.
Wild " Nous avions décidé de changer le monde et n'avons réussi qu'à nous changer nous mêmes "
Arthur " Quel mal y a t'il à celà ? "
Wilde " Rien, si tu ne regardes pas le monde "
11:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
05/12/2007
Self Portrait Lessivé
Alain n'est pas sage
Il mâche des nuages
Se rèveille en nage
Comme pris en otage
D'un joli corsage.
Alain est sagace
Y en qu'ça agace
Ses tours de passe passe
Qui ne laissent pas d'trace
Tant il vous enlace .
Alain a du tact
Sans signer de pacte
En autodidacte
Il se carapatte
Plus vite qu'un mille pattes.
Alain est cynique
Quand il ferme boutique
Et vous fait la nique
C'est là qu'est le hic
Question d'esthètique.
Alain est silence
Lui qui mène la danse
Vous dit ce qu'il pense
Sans gants, sans défense
C'est son unique chance.
Oui mais sous l'écorce
Bat un coeur de gosse
Un pois dans sa cosse
Qui joue sans défosse
Et qu'un rien cabosse.
Alain n'est que larmes
N'en fait pas un drame
Ne sonne pas l'alarme
En cherchant la femme
Il sauve son âme.
21:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
02/12/2007
Exquis Cadavre : Guillermo Rosales/ les Mauvais Garçons
Attention !!! Ce livre est dangereux, oubliez le dans votre poche arrière et il serait bien capable de vous mordre les fesses jusqu'au sang en ricanant de plaisir.
Brûlant comme un météore, déboussolé comme une narcolepsie, ce voyage forcé au bout de l'intranquilité , éloge de la vie par procuration, est une déclaration de guerre.
Guerre absolue , totale et sans reddition contre la réalité mortifère et aliénante ou des gamins issus d'un croisement consanguin entre Bunuel et Pasolini torturent des lézards, font jouir le cadavre d'une jument et s'adonnent sans remords à des séances de masturbations frénétiques , avec pour seul refuge les bandes dessinées et les dessins animés ( de mauvaises intentions ) .
Soyez prévenus , Guillermo Rosales, suicidé de la société, vomit sa bile amère sur les petits bourgeois, les "assis " prêts à toutes les putasseries pour "en être ", la fulgurance de son génie confit dans la haine recuite et la détestation tout azimuts ne le place dans aucun camp, si ce n'est celui de ceux qui ne savent plus vivre qu'a l'orée du monde, reclus au milieu de la foule et des bruits ambiants , et qui , sous couvert de la nuit, se livrent aux coits les plus fous , jusqu'à l'apnée de la petite mort.
Ce court roman , écrit à 22 ans , est une bombe à fragmentation, une vague pleine d'émotion sarcastique, qui emporte tout sur son passage, un seau de déjections jeté à la face du lecteur, qui une fois la lecture achevé, choisira de remonter le drap sur lui ou de baiser la réalité à mort, pour mieux la faire s'évanouir.
16:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature.



