07/06/2008
Winterlong/ Bon Iver : For Emma/ Forever Ago


Tout poisseux de dé(com)pression, pâle spectre livré à la nuit qui dévore, frissonnant derrière la fenêtre,bercé comme un enfant par le clapotis de la pluie.
Sur la platine, inlassablement Bon Iver, comme il fait bon se lover dans l'intimité presque génante de cette douleur timide.
Paroles magnifiques , d'une sobriété qui confine à l'épure, sans doute parce que naissant du silence d'une rupture et livrées brutes, sans sparadrap.
Elles sentent la bile noire et les sanglots réprimés, ce sont des plumes qui pèsent une tonne.
On y perçoit la fatigue morale, l'indifférence lisse face au dégoût qui monte en soi, mais exposée gentiment, avec cette délicatesse inquiéte et fièvreuse qui sont la marque des grands blessés.
Ces petits contes cruels ressassent l'absence de perspective, le manque et font parfois comme un écho lointain au somptueux " If I Could Only Remember My Name" de David Crosby.
Croyez moi, Bon Iver vaut beaucoup mieux que sa bio " Into The Wild " savamment mitonnée par la maison de disque à destination des bobos qu'on pansent.
For Emma, For Ever Ago, se porte comme une étole en lambeaux, tremble de peur comme un oisillon qu'on réchauffe dans ses mains et qui soudain se met à vous picorer le coeur.
08:55 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature




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