29/02/2008
Ah Vice !!
A vos vies linéaires
Un démenti j'oppose
Que mes vies de pervers
Vous soient comme ecchymoses
A vos vies tant pareilles
Bonnes à jeter au feu
Que mes vies parallèles
Servent de désaveu.
A vos vies monochromes
A s'en jeter à l'eau
Mes désirs asynchrones
Vous feront tous la peau
A vos vies de bacilles
Avides de contagion
Qu'amère vous soit ma bile
Mon aversion.
A vos vies de cloportes
Tel un clou qu'on redresse
Je vous ferme la porte
Mon amour me caresse.
Enfin je vous oublie.........
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19/10/2007
Help Wanted / Qu'en Pensez Vous ?
J'ai l'intention de soumettre cette nouvelle pour un concours littèraire sur le thème " Dans la Marge " Qu'en pensez vous ?
JUSTE UN BOUT D'ESSAI .
Lorsque les gendarmes sont arrivés, Alain était assis, prostré, au deuxième étage, fumant cigarette sur cigarette, son couteau plein de sang jeté sur le lit, éclat carminé tranchant vif la grisaille et la poussière.
En voyant surgir les uniformes, un hurlement de bête a déchiré la poix du silence. " Tire moi dessus, je t'en prie, bute moi, je souffre trop". le garçon s'est débattu longtemps, taillant dans le vide à grands coups de lame, gestes désordonnés, désaxés, jetés en vain contre la muraille du malheur et les pantins de plomb qui tentaient mollement de le ceinturer. Mitaines et serre-tête de cuir, chaînes et croix autour du cou, la laisse de son chien en carquois jeté sur un blouson râpé, il a fini par monter dans la fourgonnette, d'un air las, sans jamais quitter ses lunettes de soleil, imitation Ray-ban à trois sous, que des noirs frileux et dégingandés vendent à la sauvette aux abords de la gare de Lille.
Alain et son chien s'étaient installés dans une cabane de jardin, sans eau ni électricité, gueulant à tue-tête dans les rues du village de son enfance, de tonitruants " J'ai faim" ou des grognements balancés à plein poumons qui faisaient sursauter les rares inconnus égarés dans ce no man's land dévasté par la récession, le chômage et l'ennui. Aux mères de ses copains d'école, il tendait la main, exigeant des pièces qu'il allait ostensiblement échanger contre des litres de mauvaise bière. Des dames bien mises lui amenaient parfois des parts de tarte ou des sandwiches, d'autres des boîtes de nourriture pour son grand chien qu'il laissait caresser en riant.
Un matin, le supermarché installa devant sa devanture des tables de jardin en promotion.
Alain élut alors domicile sous le parasol, flanqué de ses canettes et de son chien étique aux côtes saillantes. - J'ai voulu le chasser, explique le patron, mais ce sont les clients qui l'ont défendu.
Le soir quand les boutiques ferment, que la rue principale se vide et s'étire comme un sombre reptile sous la vapeur grège des arroseuses municipales, il se réfugie dans un grenier pissant l'humidité, éclairé à la bougie.
Petit à petit, Philippe, son vieux copain d'enfance, qui, lui, n'a jamais quitté le village, refait connaissance avec lui. " On se voyait souvent , tous les deux, il était complètement différent, habillé comme tout le monde"
Alain lui parle de cinéma, sa passion. En secret, il met en fiches tout ce qu'il trouve sur le sujet, découpé dans de vieux journaux ramassés au hasard de ses déambulations, quelquefois chapardés. " Il était incollable" se souvient Philippe.
Alain sortait toujours en blouson de cuir, avec chaînes, lunettes et walkman. " il appelait cela ses outils de travail, sans eux, il n'aurait jamais pu faire la manche. Il mettait ses lunettes noires pour ne rien voir, son walkman à fond pour ne rien entendre, buvait deux ou trois litres pour s'abrutir et se jetait dans la rue, comme on se jette à la rivière où comme on part à la guerre. "
L'hiver venu, Alain se remet à un vrai boulot.
Une entreprise de réinsertion lui trouve un petit logement et un contrat-solidarité de maçon.
Travailleur, ponctuel, Alain se trouve même une copine. On parle vaguement de fiançailles entre deux tournées. Un beau jour la fille s'en va, le printemps prend sa place. Alain s'engueule avec un chef de chantier ventripotent qui a le malheur de lui jeter " Si t'étais mon gosse , tu verrais un peu..."
Sa dernière paye empochée, Alain ne quitte plus le supermarché. Planté devant la file des caddies, il insulte les clients. Certains prennent peur, il trouve ça rassurant.
" Si un jour quelq'un se rebiffe, je ne serai pas de taille à lui tenir tête" confie-t-il un jour à Philippe.
Tous les soirs, sous l'oeil narquois d'une lune grimaçante, il tombe comme une masse dans son grenier, abruti d'alcool et de sirop pour la toux, sans même prendre le temps d'arrêter son walkman qui dévide inlassablement des mots d'amour jamais dit, jamais murmurés. " Hé toi , dis moi que tu m'aimes, même si c'est un mensonge, car je sais bien que tu mens "
Philippe, encore " Qu'est- ce qu'il pouvait faire de mieux que dormir. Il ne parlait plus que de mourir .."
Un jour d'automne, surgi de nulle part, Alain remonte la rue en veste et chemise repassée: " Je veux être beau, explique -t-il à la mère d'un copain d'enfance, je voudrai surtout qu'on ne me dise rien, qu'on me regarde juste comme je suis."
Sur son passage, les gens s'arrêtent. Tout le village s'émeut. "Alors, Alain, t'as fini ton cinéma? "
Le lendemain le garçon a réenfilé le blouson et les chaînes.A sa ceinture, il a ajouté une paire de menottes et un couteau de chasse .
Pourtant, en secret, il s'obstine à chercher du travail, mais plus rien.
Depuis une dispute de trop avec le gérant du supermarché, l'accès à la grande surface lui est interdit par des vigiles.
Sur un banc lézardé battu par tous les vents, Alain crie de plus en plus fort " mais on comprenait de moins en moins ses mots"
Ce samedi brisé par la fatigue et le froid, il entre au bistrot pour se réchauffer. " Quand je suis arrivé, ils se sont tous foutus de moi, ils m'ont dit que je ne faisais peur à personne avec ma quincaillerie. Je me suis assis, sans rien dire. J'ai bu pendant une heure pour me donner du courage. Et puis voilà, ça aurait pu se passer hier où demain, cela devait bien finir par arriver"
Dans le grenier d'Alain, on a retrouvé un album-photo. Une série de clichés mal cadrés pris devant le lavabo d'un foyer. sur le premier, il est en tee-shirt. Au fur et à mesure des photos, il a rajouté un acessoire, les lunettes, le blouson, les chaînes, les mitaines de cuir.
En secouant l'album quelque chose est tombé:deux vieux tickets de cinéma pour la même séance et la reproduction format carte postale d'une affiche d'un film de Capra " It's a Wonderful Life "
11:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature.
17/06/2005
Blog Party
Qui sont les blogueurs?
Des gens entre 16 et 40 ans; mais la majorité a entre 20 et 30 ans. Ce sont des personnes majoritairement actives,même s'il y en a quelques -unes au chômage. Ils ont au moins le bac. Il y a deux tiers d'homme et un tiers de femme.
Quelles sont les motivations a l'origine du blog ?
Au départ, il n'y a pas forcèment d'intentionnalité.
Quelles ont les différentes catégories de blogs?
C'est un peu thématique,ce ne sont pas vraiment des catégories: il y a des blogs qui ont un contenu que je qualifie d'extime, où l'intimité de la personne est divulguée.
Il y a aussi des contenus plus "journalistiques", des gens qui ont un regard sur l'actualité, qui en font un remix, et qui donnent leur opinion dessus.
Il y a aussi des blogs à vocation de promotion personnelle: des écrivains, des dessinateurs, qui mettent leurs rècits,ou leurs dessins en ligne pour trouver des éditeurs..
Il y a surtout un mélange de ces différents types.
20:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/06/2005
Florence
Son sourire éclipse tout le reste.
07:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31/05/2005
En dix mots
"i used to be a ghost but now i'm haunted "
07:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/05/2005
Voir Bruges et mourir
Plutôt que la "Venise du Nord" Bruges m'est toujours apparue comme une ville mortifère, chargée de deuil, une ville qui charrie dans ses canaux, ses quais, ses arbres, sa grand-place, son béguinage, les lacis enchevétrés de ses ruelles mal-aisées bordées de maisons bourgeoises à pignons crénelés, où le temps semble à jamais figé, les miasmes méphitiques de la mort ou du deuil.
Ville close sur elle même, cité relique, sanctuaire urbain pour touristes médusés, désabusés, qui errent en canot ou en calèche dans ce décor Viscontinien de film restauré, vision figée, éternisée, du passé morose, écrin chagrin, d'une splendeur à jamais enfuie où ne guette plus âme qui vive hormis les bigotes casanières postées comme des sentinelles derrière leur écran de dentelle.
Bruges la morte , gagnée par le sommeil éternel suinte la nostalgie.
Si j'avais du courage , c'est là que j'irai me noyer ...
21:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29/04/2005
Un coup pour rien
Ce matin j'avais envie de commencer un poème.
Lui qui marchait sur des oeufs
Sentit se briser la coque
S'esquiver le frêle esquif.....
Puis plus rien ..... Panne séche....
Envie de parler des mémoires de Dylan ( hilarante et rouée) ou de la réédition de Judee Sill, Dreams Come True au merveilleux packaging....
Envie de dire combien la série Monk est attachante.....
Combien aussi ce vieux brigand de Mink Deville me fait toujours autant pleurer.....
Mais une lassitude diffuse et une grande mélancolie me laissent tout désemparé....
Tant pis , ce sera pour une autre fois ......
So Long ....
07:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/04/2005
Ordalie mon addiction
L'addiction est une recherche hors de soi de ce qui manque à l'intérieur. Elle s'impose violemment à l'individu pour continuer a se donner l'illusion d'exister, sollicitation symbolique de la mort pour mieux relancer l'existence ou simplement savoir si elle vaut la peine d'être vécue...
Appel ambivalent lancés vers ceux qui comptent ( "je veux pas qu'on m'aime mais je veux quand même" ), elle dessine une manière ultime de fabriquer du sens et de la valeur, illustrant une volonté farouche de se défaire de la souffrance, de nommer l'indicible, de se débattre pour exister enfin.
Toute conduite sur le fil du rasoir est avant tout une tentative paradoxale de reprendre le contrôle de son existence, de décider enfin de soi quel qu'en soit le prix. C'est une épreuve personnelle pour tester une légitimité d'exister qui n'est pas , ou trop , ressentie.
Le jeu avec la mort est un pari pour exister, une forme donc de résilience, l'ultime moyen de maintenir un contact de surface avec un univers intime qui se dérobe chaque jour un peu plus à nos efforts. ( "payer l'ardoise ")
En ce sens, l'ordalie est un rite qui énonce une prédiction sur l'avenir en disant si l'existence mérite qu'on aille à son terme.
Le risque délibérément choisi procure une délicieuse opportunité de vivre à contre-courant, d'échapper brièvement au majuscule ennui en intensifiant le rapport à l'instant.
Chemin de traverse où aller en contrebande puiser du sens, rehausser un goût de vivre défaillant ou, souvent même, le retrouver après l'avoir perdu.
L'épreuve de vérité, qui naît du jeu sur le fil du rasoir, est une manière de mettre un instant l'existence à la hauteur de la mort pour s'emparer d'une parcelle de sa puissance.
A la condition expresse de s'exposer sans crainte au risque de perdre la vie, l'individu chasse sur le territoire de la mort et rapporte le sublime trophée qui est non pas un objet, mais une durée imprégnée d'intensité d'être.
Hélas de tels moments sont rares.
La mort symboliquement surmontée permet de continuer à vivre avec une force intérieure renouvelée.Elle restaure une relation au monde.
A l'état sauvage , l'ordalie est une quête de signification, une réponse de l'individu à la crise qu'il traverse.
A terme, elle permet à une vérité radicale de venir à jour et de trouver une réponse ferme à la question redoutable et terrifiante de la valeur de son existence.
15:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22/04/2005
Aphorismes
- La chaise est toujours assise.
-C'est voir petit que de voir grand.
-Les aveugles ne sortent pas la nuit.
Qui promène son chien est au bout de la laisse.
L'amour est aveugle et sa canne blanche est rose bonbon.
07:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16/04/2005
Et si on inversait les rôles ?
Hep vous là, aux pays des internautes , qui passez sur ce blog par curiosité, envie, ou hasard , si vous laissiez un commentaire pendant que je me repose..
15:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



