08/06/2008
Règlement De Conte: Un Conte De Noel

..... et d'abord prendre le parti de ne parler de cette sidération de film que du strict point de vue des sensations, pour le reste les bloggeurs se reporteront a leurs exègètes préférés.
Brutale et vacharde autant que maitrisée et inconfortable, cette mise à nu des affects plonge dans un bain de fiction acide la plupart de ses membres, entortillés dans les liens du sang et de la fratrie comme des victimes au poteau de torture.
C'est peu dire que le plaisir qui nous envahit, véritable jubilation jouissive de se retrouver ENFIN plongé cul par dessus tête à mille lieux des clichés sentimentaux en vogue et de la mièvrerie ambiente ainsi que du folklore régionaliste nous réconcilie avec une oeuvre au scalpel qui taille dans le lard, frappe d'abord et pose les questions ensuite.
Mais très vite cette euphorie sale gosse se transforme en douleur compassionnelle , fâce à ces êtres meurtris, couverts de bleus, en chute perpétuelle, si tendrement désenchantés.
Western " bergmanien" ou le shériff porte une étoile jaune, ou les indiens sont des enfants et le trésor une greffe de (substantifique) moelle, intensément physique, exalté jusqu'au nervosisme, brulant de l'intérieur, qui charge comme un taureau têtu et défiant en balançant des scènes bousculées comme on balance des gnons.
Viscéral, épidermique, urticant, déchirant, jubliatoire , à l'image de la vie même et interdit aux cons....qui nous cernent. Ils sont morts et nous sommes vivants, embrasse moi mon amour .
10:31 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
05/03/2008
Prenez En De La Graine/ La Graine Et Le Mulet
Tout entier dévolu au désir, de son acmé jusqu'à son épuisement, extraordinaire sidération d'un érotisme solaire, qui cèlèbre la fièvre de la sensualité comme carburant essentiel de la vie, ce savoureux couscous léger et elliptique comme cette courte note ne vous laissera pas sur votre faim.
Et puis là , tout s'écroule...... rongé par la dépression, je ne suis plus foutu d'aligner trois mots cohérents. Rideau ....
22:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
03/02/2008
Le Feu Follet
Avoir ce don de double envie
Celui de tout ubi/quitter
Payer comme tribut à la vie
Le prix d'la pass et s'en aller.
En osant rompre l'existence
Comme on se déferait d'un joug
Sur le gachis avec aisance
Appuyer et se mettre en joue.
FEU
Du bucher de mes illusions
Voir les volutes s'élever
Tirer a blanc la conclusion
Quil vaudrait mieux s'évertuer
Mieux en finir et dans la tourbe
Jeter sa vie, jeter sa gourme
Comme on se jetterait d'un pont
Dans les bras d'une belle inconnue
Résolvant l'inadéquation
A terre être porté aux nues
13:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
29/01/2008
Old Man / No Country For Old Men : The Cohen Brothers
Chef -d'oeuvre du cinéma de genre , dont il respecte à la lettre les codes et la mythologie qui les sous tend dans une mise en scène immersive qui ne lachera jamais le spectateur en route, No Country For Old Men est d'abord un pur "actioner ", ténébreux et codé, dont il conviendra de déchiffrer les signes ou leur disparition. ( des traces laissées par les bottes de la victime convulsée de Chigurh à l'architecture cheap des motels )
C'est aussi un fil somme, qui clot la "trilogie of doom" des deux frangins en embrassant avec la langue tous leurs thèmes de prèdilection et s'en amusant avec un plaisir de sale môme , une variation sur le même( Ford en ) thème ( le désert renvoie à la neige de Fargo), comme un Neil Young frondeur ( Blood Simple, Fargo, No Country versus On The Beach, Time Fades Away et Tonight's The Night )
Nihiliste, crépusculaire, mais aussi truculent et élégiaque, cet opus de haute volée dont l'humour " flat " confine à l'absurde Beckettien matiné d'un soupcon de Tex Avery ( Bardem est un espèce de Droopy échappé de la pochette de Rubber Soul) ausculte avec malice et gravité les archètypes du western pour mieux les subvertir.
No Country For Old Men est donc un peu le faux jumeau de Blood Simple, même ruralité, même violence systèmique, même fuite en avant vers une liberté impossible, même espoir avorté, même résignation tragique.
Chigurh est une incarnation de la genèse du mal contemporain, un Moloch qui a tout sacrifié au culte de l'argent, cette plaie qui gangrène et marque la fin d'un monde désormais voué au seul profit , fût -il au prix d'une violence apocalyptique, et dont la seule issue ne semblerait plus étre que le refuge dans le giron paternel des Grands Anciens.
Encore faut il le pouvoir......
J'opterai pour ma part pour une position plus téméraire: l'écoute à fond de Tonight's The Night du Loner tant cette B.O pourrait parfaitement coller au film où je me prends à rêver qu'en poussant la porte d'un bouge du Nouveau Mexique Chigurh tombe sur le Crazy Horse au grand complet pulvérisant " Tired Eyes " avant de finir victime du Matador.
19:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
26/01/2008
Je Suis Le Roi Des Fourmis / Bug de William Friedkin
Fièvreuse et convulsive, cette confrontation de deux abandons et de deux traumatismes ( perte d'un enfant, séquelles de guerre ) cette fusion déraisonnable que peut être l'amour lorsque chacun reconnait d'abord en l'autre son propre parasite, c'est à dire le reflet de sa misère morale et de sa vulnérabilité est AVANT TOUT une proposition d'un pessimisme radical sur le couple vécu comme siège de tout les dérèglements, de toutes les contagions. On n'est pas très loin de Regis Jaufret qui affirme que chaque famille est un asile de fous.
Sec et violent comme un direct au foie, ce spectacle hystèrique de deux paranoias hébétés qui se contaminent en s'inventant une passion, s'éreintant comme des hamsters en cage dans la dilution des jours et des nuits jusqu'à l'incandescence est aussi et surtout un terrifiant précipité sur l'aliénation, qui confirme comme le disait Rilke qu'un couple c'est trop souvent "la somme de deux solitudes."
Bref, Bug est un grand film malade qui comme un parasite s'infiltre dans une lézarde de votre imaginaire pour mieux y pondre ses oeufs et vous innoculer la désillusion, ce qui, soit dit en passant , devrait être la mission première de tout artiste.
A l'heure où le politique èrige le couple en modèle de rêve ( Carla/Sarko ) Friedkin dynamite ce chromo dégoulinant avec une ironie glacée( mieux vaut encore un paranoiaque givré qu'un ex mari cogneur , puisque tout vaut mieux que la solitude ) qui rèveille les consciences léthargiques, appelle à une vigilance et à une èthique morale , en redéfinissant avec une hargne courageuse la frontière ténue qui sépare la "déraison" amoureuse de l'aliénation consentie.
Voilà pourquoi Bug est un GRAND film.
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24/12/2007
Taciturne, turn , turn : Le Pressentiment de J.P Darroussin
Charles Benesteau, avocat en rupture de ban, oisif héritier, somnambule éveillé, déclassé volontaire, choisit de se laisser lentement dériver jusqu'aux confins de la mort, instillée dans ses journées dégraissées de renonçant.
Irréductible abandonné de lui même, en quête d'une expiation sans faute, ce samaritain ordinaire, homme quelconque soudain lassé par la grisaille et la médiocrité qui l'entourent,régressif dépressif, atteint par la tumeur maligne de la mesquinerie, finira malgré lui par attirer la perplexité, puis la suspicion de ceux dont il ne voulait que le bien et pour qui l'aspiration à la pureté est vécu comme un péché d'orgueuil.
Mi fugue, mi raison, le pressentiment nous laisse entre deux eaux, happé par son élégance ouatée et sa mélancolie dffuse, et ému par sa franchise naive et sans compromis.
Et Darroussin il est bien ? il n'est pas très loin de Bill Murray , et croyez moi c'est un compliment !!!!
16:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
09/12/2007
There I'm Not / Velvet Goldmine de Todd Haynes
Pelliculte arty farty que l'on quitte comme au sortir d'une gueule de bois vodka-qualludes où le glam est montré après la fête, le cul à l'air, post coitum, mais aussi INTIMEMENT admiré et exposé.
Film de chambre de garçon sensible , un peu chochotte, ambigu boutonneux au make -up trop chargé, qui restitue à merveille la fascination sexuée et bétassou que les teens entretiennent avec leurs icônes.
Images de conte de fées, version cosmètique et dandy ( warhol ) sous influence " phantom of the paradise " , où une espèce de mélancolie opiacée se conjugue à l'imparfait du subjectif et où superficiel et éphémère dominent la vie.
Film de faussaire, qui brouille l'écoute autant qu'il broute les c....., où Oscar Wilde déclare à ses maitres qu'il veut être une idole pop, où l'on met en scène son propre meurtre et où Dylan apparait ( sous forme de pochette de disque , dya remember mister JDM ?) et qui se termine sur une pirouette comme cette notule aigrelette.
Wild " Nous avions décidé de changer le monde et n'avons réussi qu'à nous changer nous mêmes "
Arthur " Quel mal y a t'il à celà ? "
Wilde " Rien, si tu ne regardes pas le monde "
11:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
22/11/2007
Souviens Toi De M'Oublier : Les Oubliées
Différente, déroutante, cette quête initiatique d'un homme malade, au bord du gouffre, victime de troubles de la mèmoire et hanté par la disparition de six jeunes filles est comme une pierre jetée à la face du spectateur incrédule.
Fimée à travers des vitres, à l'épaule et comme lessivée par une caméra qui s'adapte au réel et non l'inverse, cette histoire d'obsession nèvrotique taraude comme une rage de dents tenace.
Le travail sur les éclairages, aux noirs intenses et aux couleurs dénaturées, tout comme les décors alternant la métropole Lilloise et les paysages tourmentées de la côte d'Opale sont étonnants de réalisme poètique.
Jacques Gamblin, minéral à force d'ironie désabusée, mais pétri d'humanité, crêve l'écran, offrant ses insomnies et son désespoir lucide aux repos des disparues.
Ambitieuse et ambigue, avec quelques accents Lynchiens, pince sans rire , érotique, âpre et troublante, cette série intriguante devrait être diffusée sur FR3 en Janvier 2008.
22:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
19/11/2007
Les Promesses De L'Ombre/ Stay In The Shade
Au delà d'un pur film de gangsters dégraissé de toute pitié et comme zébré d'incandescences stylistiques inouies ( dont une bagarre de haute volée (! ), Cronenberg, fine mouche, construit un second film à l'intèrieur du premier ( sur le principe des poupées russes) où plutôt utilise la chair du premier pour mieux autopsier le cadavre de notre monde pourissant.
Marchandisation des biens et des corps, ultralibèralisme globalisé et triomphant, zone de non-droits, économie parallèle; fragments de familles détruites ou non advenues et raccommodées à vif, échos de la Bible ( j'ai souvent pensé à la chanson de Dylan , Highway 61) sont autant d'arachnéens fils d'Ariane qui (dé) composent cette toile.
Sombre histoire de passation et de transmission entre verbe et chair, traversé par des forces sauvages de transmutation, d'inversion, voire de sabotage volontaire des stéréotypes universels, ce film mutantateur fascine et répulse presque de bout en bout, hormis une fin un peu expédiée.
Mais la force implacable de ce film morveux et rêche c'est qu'il rompt complètement avec le consensus en vigueur et stigmatise la famille comme vecteur absolu du Mal, montre qu'il peut y avoir de la noblesse dans l'abjection et du plaisir dans l'effroi, souligne que le corps est à la fois un organisme et une machine qui se modifie en fonction des désirs et des ambitions qui l'animent.
Tout les pervers polymorphes, les nostalgiques de la boue, se vautreront avec délices dans cette soue délicieuse.
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11/11/2007
Londres Ma Terre d' E (l) rection : Scoop De Woody Allen
Véritable déclaration d'humour à sa nouvelle muse, Scarlett Johansson, qui donne chair à une modernité érotique des plus revigorantes, Scoop est un cru Allenien attendrissant et loufoque qui permet à notre Woody chéri de reprendre son souffle après le magistral Match Point.
Film léger, élégant et désinvolte ou le plus jeune de nos ainés ose regarder la mort en farce, rendant hommage à ses maitres ( Hitch et Bergmann ) et filmant les seins trop lourds et le magnifique cul de Scarlett comme personne.
Un régal ....
16:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature



