26/02/2008
Une Larme Dans Le Brasier : Vic Chesnutt /Jose Gonzales Grand Mix 25/02/2008
..... Et tout d'abord la joie, ineffable, d'étonnement mélée. Enfin se retrouver à nouveau là, d'où les griffes de la dépression nous avaient brutalement dérivées, naufragé sur la mer des sarcasmes, Achab du pauvre, perdu en amer, écopant ses larmes.
Se reconnecter lentement aux sensations, comme un enfant qui s'étire dans les spasmes du sommeil, remettre doucement ses pas dans les traces par soi auparavant laissées, se convaincre que là, au pied de la scène, ne pourrait plus arriver rien d'autre que les pleurs, c'était bien là le moins.
Vic Chesnutt dont on gardait encore au coeur les bouleversantes mises à nu, apparu comme tout droit sorti d'une toile de Bacon, convulsé , la bave aux lèvres, écumant de la rage des condamnés à vivre, nous hurlait au visage un " Je suis un lâche"à vous geler le sang ,pour mieux sourire de son audace et de son impudeur à nous jeter au visage nos propres manquements.
Si "Le monde est une éponge" comme il nous le dit ce soir, il nous la jeta sans mènagement au visage pour nous obliger au dessillement.
Ainsi en alla t' il de" Ruby Tuesday" écartelée sans ménagement et gangbangée sur l'autel des désillusions, dépouillée de ses atours hippisants et rendu à sa rage initiale ( Loose your dreams and you will loose your mind )
On n'avait pas assisté à pareille prise de risque depuis Kevin Coyne dont Vic semblait soudain devenu l'ectoplasmique incarnation, le doppelganger: même vie jouie sous nos yeux, éjaculée dans la rage et la volonté farouche de mettre au tapis les saloperies du quotidien, de tordre le cou à la camarde, de faire rendre l'âme aux putasseries de toute sorte, de knock-outer sa douleur.
Comme un supplicié livré au brasier de sa seule volonté, Vic Chesnutt défoliait tout sur son passage, et de ce traumatisant holocauste , émergeaient soudain des instants d'une beauté extraordinaire, comme si sous les ruines et la cendre subsistait la trace d'un monde rendu à ses origines.
C'est peu de dire que José Gonzales eût fort à faire pour maintenir ce niveau d'émotion, mais s'y essaya t'il seulement ?
Comme il nous semblait soudain sage et appliqué ce croisement entre un Cat Stevens PostIslam et Manitas de La Bittas.
Tel un chien de guerre Vic Chesnutt avait tout drainé, tout cureté sans anesthésie, dès lors la douceur émolliente d'un Gonzales qui ne faisait que reproduire là ou l'autre avait sublimé peinait un peu à séduire.
Bien sûr " Put Your Hand On Your Heart" nous arrachait toujours autant de sanglots mais d'ou crevaient il ces gros bouillons? D'un savoir faire , d'une application,quand on n'avait plus qu'une seule envie , retourner se perdre dans le brasier, la rage et la fièvre, là où l'on ne nous donnait plus 'à voir qu'un clair de lune et la lisère d'une forêt.
A croire que Gonzales, lui aussi passablement ébranlé par la prestation hallucinée de Chesnutt, qu'il tint à faire ovationner, jetait le gant ( de velours certes), comme en pilotage automatique, se reposant sur un canevas époustouflant de maitrise mais réduit aux acquets.
On quittait à regrets le chevalet des tortures d'un Torqueimada, troqué contre un meuble en kit de chez Ikéa.
Pendant ce temps, Vic rendu à la nuit, accompagnait les derniers spectateurs... Demain serait à refaire....
11:53 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature
25/02/2008
Words From A Friend
Il ya trente ans (1977 ) un ami m'écrivait ceçi.
Mont de la lune gauche sur le front, pour apaiser son corps et aller plus loin; reste de la main sur le haut du crane, pour caresser se rêves, se désirs, pour adoucir ses souffrances, pour cacher ses larmes, et cacher son arme.
Il écrit de la droite, sent la rivière/courant s'affoler à mesure que les mots s'inscrivent; sent la montagne se détacher au passage d'un nuage de laine et profite de l'instant, pourtant si court, qu'on jalouse......
Car la retombée est dure........
Une phrase
Une ligne
Un mot
C'est tout.
Le rêve ne reste que papier.
15:37 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23/02/2008
Du Sport .... Jamais : Rodolphe Burger
S'amusant avec espièglerie de simples samples et de loop y est tu, Rodolphe avance, nonchalant comme une langue de chat et balance une atmosphère suintante et mouillée, un inceste consommé entre Fantaisie Militaire et Love In Vain, songe éveillé un peu trouble, un peu moite, ou Robert Johnson bourrerait vite fait Marie, tandis que les Everly Brothers se palucheraient, juste avant d'être embarqués par la police des frontières..
Erotomane pince sans rire, pour qui tout fait sens, charnel et engagé, artisan et orfèvre, Rodolphe est l'homme qui murmurait à l'oreille des clitos. No Sport est un longue ballade enfièvrée , dont la sensation équivaut a poser ses pieds nus sur un carrelage frais par un soir d'été, avec dans son champ de vision la croupe offerte de sa (elle est pas belle ma ) chérie qui vous murmure " viens te recoucher, viens me retoucher ....
Bref, No Sport est un album qui donne envie...
21:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, littèrature



